L’infini, ou presque…

10120… Rien de mieux qu’une image-choc, qu’une statistique ou qu’un nombre, de préférence gigantesque, afin de susciter l’intérêt!

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Claude Shannon

Et le nombre présenté en début d’article, qui donne sans commune mesure dans le gigantisme, devrait en principe vous titiller un tant soit peu!

Imaginez… Le chiffre 1, suivi de 120 zéros! Existe-t-il une chose qui puisse être représentée par un tel nombre? On pourrait penser, par exemple, au nombre d’atomes contenus dans l’Univers, mais celui-ci est seulement (!) estimé à seulement à 4 x 1080… Ce nombre aux insaisissables dimensions, appelé « nombre de Shannon »[1], représente en fait le nombre de parties d’échecs différentes pouvant être jouées!

Penser stratégique, c’est jouer aux échecs!

Les possibilités, on le constate aisément, sont infinies… et incertaines! Et voilà la substance du tout premier article de ce blogue Échec et Strat, que je lance aujourd’hui. La stratégie d’entreprise est un domaine en soi passionnant, surtout parce qu’au-delà des modèles théoriques bien établis, au-delà des récurrences que l’on semble parfois détecter dans le comportement stratégique d’une entreprise, une immense part d’inconnu et d’incertain demeure.

À n’en point douter, la stratégie d’entreprise évolue parfois en terrain sûr. Pressentis, observés puis par la suite théorisés depuis plus d’un demi-siècle, certains comportements propres aux entreprises, certaines dynamiques constatées au sein un domaine d’affaires donné, auront permis au fil des ans d’établir un vaste corpus de connaissances théoriques sur l’agir des organisations en contexte stratégique. Ainsi en va-t-il également du grand maître au jeu d’échecs qui, par exemple, connaîtra par cœur des dizaines et des dizaines d’ouvertures possibles.

Chess and hand

Mais, tant pour le joueur d’échecs que pour le gestionnaire stratégique, l’arbre de décision multiplie ses branches au fur et à mesure que le temps avance. La certitude toute théorique des débuts et le recours à la rationalisation cèdent tranquillement le pas aux situations incertaines et imprévisibles, que l’on ne pourra désormais aborder qu’en puisant certes toujours aux acquis théoriques, mais aussi à l’expérience et à l’intuition.

Passé, présent et futur

Rien de rassurant pour le gestionnaire stratégique, me direz-vous? Et vous n’auriez pas tort! La stratégie d’entreprise n’est pas, et ne sera jamais, une science exacte. Le mieux que l’on puisse faire afin de s’approcher le plus près possible des certitudes souhaitées, c’est de conserver son esprit et son imagination ouverts, d’accumuler le précieux savoir qui s’offre par l’observation de l’organisation et de son environnement, et d’oser! À l’instar du joueur d’échecs qui mémorise et analyse les affrontements mémorables entre les grands maîtres du passé, et qui s’appuie sur les bouquins théoriques qui orienteront l’ouverture qu’il déploiera dans quelques instants contre son adversaire, le moment surviendra toujours où notre joueur devra songer seul au prochain coup, loin des certitudes du passé ou de la théorie actuelle.

S’il est un objectif que je poursuis aujourd’hui avec le lancement d’Échec et Strat, c’est celui de réduire un tant soit peu cette incertitude qui caractérise le monde de la gestion d’entreprise. À ce titre, l’information sera, tant pour vous que pour moi, le véhicule avec lequel nous chercherons ensemble à repousser les frontières de l’incertain et de l’ambigu. Je vous proposerai donc, tous les lundis et les jeudis, des contenus qui aborderont les aspects les plus variés et parfois même les plus inattendus de ce vaste parapluie qu’est la stratégie d’entreprise (jetez un œil à la section À propos du blogue). Je vous invite, du même élan, à me faire part de vos commentaires, de vos suggestions de sujets, de vos remarques et de vos observations quant à ce qui se passe, stratégiquement parlant, dans votre organisation. C’est de cette manière que vous et moi pourrons, un article à la fois, accroître notre bagage de connaissances et prendre, je l’espère, de meilleures décisions stratégiques, au bénéfice de nos organisations et des gens qui y œuvrent.Signature courte

[1] Du nom du physicien Claude Shannon (1916-2001), ingénieur et mathématicien américain, considéré comme le père de la théorie de l’information.

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