L’industrie animalière, une industrie qui a du chien!

On les aime, on les chouchoute, ils sont souvent des membres en règle de la famille, et on dépense de plus en plus pour leur bonheur… et le nôtre, il faut bien se l’avouer!

L’industrie animalière connaît, depuis le début du nouveau siècle, une croissance remarquable à tous points de vue, un fait illustré par le tableau ci-bas. Les revenus américains de cette industrie ont été multipliés par 2,3 entre 2001 et 2016, soit une croissance annuelle moyenne de 5,4 % durant cet intervalle. Peu de domaines d’affaires peuvent en dire autant! Pour l’année en cours, l’American Pet Products Association (APPA) prévoit des ventes record de près de 70 milliards USD, soit l’équivalent de 215 dollars dépensés par chaque Américain pour une bestiole quelconque!

Animaux

Pourquoi tant d’amour?

La question se pose en effet, à la lumière de ces données. On peut probablement expliquer ces élans d’amour, s’il faut en croire Neil Howe dans son récent article[1] publié sur le site Internet de Forbes, par un effet générationnel. Pour le journaliste, les baby-boomers ont été les premiers à « humaniser » les animaux de compagnie, un terme pour certains peut-être un peu choquant, mais qui exprime ce désir des propriétaires d’offrir à leur canidé ou leur félidé une qualité de vie similaire à la leur au chapitre de l’alimentation, du confort ou des soins. Et comme l’amour des animaux est bien souvent héréditaire, les enfants des baby-boomers (les X et les milléniaux) n’auront fait que suivre ce que leur dicte leur bagage génétique! Toujours selon Neil Howe, 54 % des foyers américains possédaient un animal de compagnie en 2009; ce pourcentage se situe aujourd’hui à 68 %.

L’appât du gain

Tous ne sont pas attendris par la truffe bien humide d’un gros saint-bernard baveux, ni par les yeux éplorés et désespérés d’un minet regardant son maître servir le rôti du soir… Mais d’un point de vue stratégique, les émotions comptent pour bien peu devant l’immense potentiel de l’industrie animalière! Les entreprises, pour leur part, ont senti l’odeur du profit et n’ont pas hésité à bondir sur les proies encore en liberté dans ce domaine d’affaires. De fait, on constate que ce sont les géants de l’alimentation (humaine, doit-on préciser!) qui ont procédé, au cours des dernières années à d’importantes acquisitions dans l’industrie. En 2015, The J.M. Smucker Company (les confitures!) mettait la patte sur Big Heart, l’entreprise vendant le plus de collations pour animaux chez l’Oncle Sam. Et que dire de Mars (les barres de chocolat du même nom!) qui, sans mauvais jeu de mots, a mis au cours des derniers mois les VGAbouchées doubles afin d’accroître sa présence dans le domaine d’affaires. L’entreprise américaine a récemment acquis les marques de nourriture pour animaux Iams et Eukanuba, mais elle a surtout fait un bond audacieux dans un domaine d’affaires de prime abord bien différent, celui des cliniques vétérinaires.

Tel que rapporté par The Economist en février dernier[2], Mars a en effet déboursé la somme de 9,1 milliards USD pour acheter VCA (Veterinary Centers of America), la plus grande chaîne nord-américaine de cliniques vétérinaires (709 cliniques aux États-Unis, 86 au Canada, et 61 laboratoires). En dépit de ce montant impressionnant, le jeu en vaut certainement la chandelle pour Mars. Le développement des technologies médicales, certaines de ces cliniques possédant des équipements à la fine pointe de la recherche, a certes fait gonfler la note de vétérinaire des propriétaires d’animaux. Mais le nombre de compagnons, tout comme l’affection et l’amour de leurs maîtres, continuent de s’apprécier aussi. Bref, les propriétaires paient, peu importe le coût des traitements, un fait dont témoignent les revenus croissants de VCA.

Autre manifestation de cette attitude d’« humanisation » à l’égard de nos animaux de compagnie : les compagnies d’assurances pour animaux font des affaires d’or! La North American Pet Health Insurance Association (NAPHIA) rapporte qu’en 2016, 1,8 million d’animaux possédaient une assurance (1,6 million aux États-Unis, 220 000 au Canada), soit une hausse de 11,5 % par rapport à 2015. Les primes souscrites sur le continent sont quant à elles passées de 585 à 940 millions USD entre 2013 et 2016 seulement!

Les propriétaires d’animaux vous le confirmeront : l’amour, ça n’a pas de prix! 😉
Signature courte

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Avec Moka, l’amour félin de ma vie!

[1] Neil Howe. How Generational Change Boosts The Roaring Pet Care Market. Forbes, 20 juin 2017.
[2] Lire America’s booming pet health-care business. The Economist, 2 février 2017

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