La Suède, terreau fertile de l’entrepreneuriat et de l’innovation

Débutons avec une comparaison qui risque de nous faire rougir quelque peu… Avec une population, un niveau de vie et des valeurs relativement similaires, la Suède possède à ce jour une (très) bonne longueur d’avance sur le Québec en matière d’entrepreneuriat et d’innovation. C’est la dure réalité!

L’interrogation suédoise

suedeLa Suède a déjà démontré qu’elle pouvait déjà se hisser parmi le club sélect des nations les plus entrepreneuriales et les plus innovantes. Quelques noms d’entreprises pourront vous convaincre de la chose : le fournisseur de musique en ligne Spotify, l’entreprise de paiement électronique Klarna, les éditeurs de jeux vidéo King (Candy Crush, ça vous dit quelque chose?) et Mojang, le créateur du jeu Minecraft… Voilà une poignée d’entreprises parties de rien, et dont le succès ne saurait aujourd’hui se démentir. La Suède et sa capitale ne cèdent en effet le pas qu’à la Silicon Valley quant au nombre d’entreprises au chiffre d’affaires milliardaire, au pro rata de sa population. Mieux encore, la contrée scandinave présente un taux de 20 start-ups par 1 000 employés, soit quatre fois plus qu’aux États-Unis. Bref, laissons à la journaliste Alana Semuels le soin de formuler la bonne question sur cet étonnant phénomène, question qu’elle pose en guise de titre à son article publié sur le site Internet du magazine The Atlantic : « Why Does Sweden Have So Many Start-Ups? »

La réponse!

Cette réponse est complexe, mais il faut probablement pointer du doigt les politiques économiques mises en place par Stockholm, politiques qui ont favorisé l’émergence d’un climat d’affaires propice au démarrage d’entreprises technologiques. Comme l’indique Alana Semuels dans son article, l’environnement économique fortement régulé mis en place par l’État suédois au fil des décennie s’est heurté de front aux brutales réalités de la crise économique du début de la décennie 1990. Le gouvernement d’alors n’aura eu d’autre choix que de déréglementer massivement certains secteurs économiques névralgiques, remettant ainsi en question l’existence même des monopoles d’État existants, tout en menant la vie dure aux grosses entreprises susceptibles de dominer leurs domaines d’affaires respectifs en favorisant un accroissement de la concurrence.

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(Jonathan Nackstrand / AFP / Getty)

Par ailleurs, Stockholm a aussi, à l’époque, passé la hache dans le taux d’imposition des entreprises (de 52 % à 30 %) et dans celui des successions. Le résultat? Plus de capital disponible, prêt à être investi dans des entreprises de petite et moyenne envergure. Couplons cela à la très grande clairvoyance de l’État qui, à une époque déjà lointaine où l’Internet en était à ses premiers balbutiements, a fortement encouragé les entreprises à se procurer des micro-ordinateurs, et n’a pas hésité à investir des milliards de kronor dans les infrastructures technologiques. C’est un investissement qui rapporte, puisque la Suède récolte le bronze quant à la vitesse de transmission de données à l’échelle mondiale, avec un retentissant 22,5 mégabits par seconde (Mbps), contre seulement 16,2 Mbps pour le Canada, au 20e rang[1].

Un risque calculé

Et les légendaires impôts suédois? Et le coût de la vie? Ces éléments ne devraient-ils pas contribuer à étouffer l’élan entrepreneurial du royaume? Pas vraiment, car dans le cas suédois, le filet de sûreté mis en place par l’État assure les arrières des plus aventureux en matière d’entrepreneuriat, un fait très bien résumé par Mikael Damberg, le ministre suédois de l’Entreprise et de l’Innovation, cité dans l’article mentionné auparavant : « Je crois que si vous voulez être un pays innovant, vous devez fournir aux gens la sécurité afin qu’ils puissent oser prendre des risques. » CQFD…

Belles leçons à retenir, alors que la Belle Province et sa métropole cherchent à  devenir l’un des pôles mondiaux de l’intelligence artificielle, des mégadonnées, du jeu vidéo et des effets spéciaux.
Signature courte
[1] Akamai. State of the Internet Report, Q1 2017 Report. Le meneur mondial en la matière est la Corée du Sud, avec une vitesse de 28,6 Mbps, suivie de la Norvège (23,5 Mbps). La moyenne mondiale s’établit à 7,2 Mbps.

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