L’énergie en 2017 : un état des lieux

Les comptables et les financiers de nos entreprises et de nos organisations ont toujours à l’œil le coût des énergies, renouvelables ou non, qu’elles emploient dans le cadre de leurs activités. Qu’il soit question de pétrole ou d’énergie solaire, éolienne, géothermique ou autre, l’énergie peut constituer, selon le domaine d’affaires, une part importante des dépenses à inclure au budget des entreprises. Prenons l’exemple d’Air Canada. Pour le transporteur national, le coût du carburant pour l’ensemble de sa flotte représente le deuxième poste de dépenses, tout juste derrière celui de la rémunération des employés. On comprendra dès lors qu’une baisse du cours du pétrole peut avoir d’importantes conséquences sur la profitabilité d’une entreprise. C’est ce que laisse entrevoir le graphique ci-contre.

Où en sommes-nous?

Certes, le baril de brut est une véritable aubaine aujourd’hui, avec un prix moyen annuel qui s’apparente à ceux connus il y a une douzaine d’années. Mais, soucieuses de présenter à leurs clients, à leurs employés et à leurs actionnaires une image socialement responsable, nombre d’entreprises et d’organisations lorgnent avec intérêt les énergies renouvelables. Les cours du pétrole ont-ils pour effet de ralentir, à l’heure actuelle, la nécessaire transition vers les énergies propres? La révolution énergétique verte est-elle véritablement en marche?

Certaines des réponses à ces questions d’importance nous sont apportées par l’organisme REN21, qui publie chaque année un état de la situation énergétique mondiale. Je vous transmets ici, avec explications à l’appui, quelques-uns des faits marquants du rapport 2017 de REN21.

  • Oui, la révolution énergétique verte bat son plein! REN21 signale que malgré une baisse de près de 23 % des investissements dans les énergies renouvelables à l’échelle du globe l’an dernier, la capacité totale de ces mêmes énergies s’est accrue de 8,7 % par rapport à 2015. Cette capacité s’élève aujourd’hui à 2 017 gigawatts (GW), soit 1,8 % de la puissance installée d’Hydro-Québec (37 GW);
  • Une preuve supplémentaire du vent de changement énergétique? Pour la cinquième année consécutive, les investissements mondiaux dans les énergies vertes, soit environ 250 milliards USD, ont été le double des investissements annuels dans les énergies fossiles;
  • L’hydroélectricité fournit plus de la moitié des énergies renouvelables mondiales. C’est toutefois le solaire qui connaît la plus forte croissance de ses activités, ce type d’énergie inépuisable ayant contribué à 47 % de la nouvelle puissance mise en service en 2016. L’éolien (34 %) et l’hydroélectricité (16 %) suivent. Pourquoi le solaire? Parce que les prix continuent de chuter à mesure que l’adoption croît et que la technologie devient moins dispendieuse;
  • Bref, les énergies renouvelables progressent, mais sans doute pas au rythme souhaité. Ces énergies contribuent à près d’un cinquième de l’énergie consommée sur la planète. Certains secteurs sont toujours aussi accrocs au pétrole, notamment le transport de passagers et de marchandises. Ainsi, 93 % de la consommation énergétique de ce secteur est le fait des énergies fossiles;
  • Certains pays se démarquent afin de faire bouger les choses, et pas nécessairement ceux qu’on attend! Jugez par vous-même!

Il est quand même bon de constater que la conscientisation à l’égard des questions énergétiques continue de s’accroître. Le jour n’est pas encore venu où l’on pourra tirer toute l’énergie nécessaire de sources propres, mais l’impulsion est donnée et un retour en arrière semble désormais impossible. Il est aussi rassurant de constater que malgré la parenthèse « trumpienne », d’autres pays prennent la relève et veulent s’établir comme leaders en la matière. Je salue ici les efforts de l’Algérie et du Maroc, pays d’origine de nombreux lecteurs du présent blogue, en la matière! Dans le cas du royaume alaouite, en particulier, soulignons les ambitions du pays d’abriter, avec le complexe Noor, la plus grande centrale solaire au monde[1].

Bref, la transition énergétique est en marche, et les entreprises et les organisations doivent y prêter attention. C’est aujourd’hui normal… et hautement stratégique!

[1] Lire à ce sujet l’article « Un Maroc vert et verdoyant », écrit en décembre 2015 sur le site Internet de la revue Gestion.

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