Se lancer à l’international… Mais où?

Pour les entreprises, grandes et petites, qui souhaitent prendre pied dans un nouveau pays afin d’y mener des affaires, le choix de ce dernier n’est pas toujours une mince affaire. Certes, il y a des marchés avec lesquels il y a plus d’affinités. Par exemple, pour les entreprises du Québec, la proximité avec les États-Unis fait du pays de l’Oncle Sam un débouché tout naturel pour croître. Il en va de même pour les entreprises françaises, qui verront peut-être dans les pays du Maghreb un marché potentiel intéressant, du fait des similarités administratives et linguistiques entre ces pays, héritage de la période coloniale.

Mais au-delà de ces affinités, parfois émotives, parfois rationnelles, pour un marché ou un autre, il y a la réalité de chaque pays. Mener des affaires dans une économie dite avancée n’est pas la même chose que dans un pays en voie de développement. De fait, chaque pays possède un climat d’affaires qui lui est propre, et qui facilite (ou non!) le démarrage local d’entreprises et l’établissement d’entreprises étrangères. Comment identifier, à cet égard, le meilleur pays pour y transposer une partie de ses affaires? Quelles sont les embûches potentielles à prévoir? Heureusement, le Groupe de la Banque Mondiale vient en aide aux entrepreneurs et aux entreprises qui visent l’international, avec la publication annuelle du rapport Doing Business. Ce rapport, dont l’édition 2018 vient tout juste de paraître, établit le classement des pays où il est le plus facile de brasser des affaires et peut donc apporter un début de réponse aux interrogations soulevées ci-haut.

Quelques résultats…

Onze critères servent à établir ce classement annuel du Groupe de la Banque Mondiale : nous les présentons ici dans ce tableau, extrait dudit rapport[1]. Au total, 190 économies ont ainsi été mesurées à l’aune de ces critères, et les grands gagnants apparaissent également ci-bas.

Source : rapport Doing Business 2018 (Cliquez sur l’image pour agrandir)

Le Canada apparaît au 18e rang de ce classement, avec un score de 79,29. La France, quant à elle, pointe au 31e rang, avec un rendement de 76,13. Nos lecteurs du Maghreb, et ils sont nombreux, se désoleront toutefois d’apprendre que les trois pays nord-africains pourraient certainement faire mieux quant à la facilité de mener des affaires dans leur pays. Le Maroc (69e rang; 67,91) est le premier pays maghrébin à paraître au classement du Groupe de la Banque Mondiale, suivi de la Tunisie (88e rang; 63,58) et de l’Algérie (166e rang; 46,71). Je laisserai le soin à nos amis de ces trois pays d’expliquer ces performances moyennes (laissez un commentaire à ce propos plus bas!), je suis convaincu que chacun a sa propre histoire à raconter à ce propos!

…et des constats!

Au-delà de ces données brutes, le Groupe de la Banque Mondiale avance quelques constats qu’il vaut la peine de mentionner. Dans un premier temps, la taille de l’économie ou de la population n’est pas garante d’une plus grande facilité à faire des affaires. Le rapport Doing Business signale que c’est davantage l’adhésion et la mise en œuvre de principes politiques, économiques et légaux communs qui semblent faire la différence. De fait, quatorze des vingt premiers pays du classement sont membres de l’Organisation de développement et de coopération économiques (OCDE) et possèdent un PIB per capita élevé.

Par ailleurs, même si certains ensembles régionaux présentent de meilleurs résultats quant à la facilité à faire commerce[2], une très grande variabilité existe à l’intérieur même de ces ensembles. Un exemple? L’Île Maurice est le premier de classe des pays de l’Afrique subsaharienne (25e rang; 77,54), alors que la Somalie ferme le classement, au 190e rang, avec un pointage de 19,98. Tout un écart!

Finalement, le rapport Doing Business nous apprend, sans grande surprise, qu’un meilleur rang à ce classement est corrélé à de plus bas niveaux nationaux de chômage et de pauvreté.

Faire affaire à l’étranger demeurera toujours un risque et entraînera invariablement des coûts supplémentaires pour toute entreprise qui serait tentée par la chose. Et, comme on le constate, entreprendre dans certains pays, quoique prometteurs, peut aisément tourner au cauchemar financier et légal, d’où l’importance de choisir judicieusement le lieu de ses prochaines visées commerciales. Un entrepreneur averti en vaut deux!

[1] Toujours selon l’étude, ce sont, dans l’ordre, les pays de l’OCDE, l’Europe et l’Asie centrale, l’Asie de l’Est et le Pacifique, l’Amérique latine et les Caraïbes, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, l’Asie du Sud et l’Afrique subsaharienne.
[2] En français : création d’entreprise, obtention des permis de construire, raccordement à l’électricité, transfert de propriété, obtention de prêts, protection des investisseurs minoritaires, paiement des taxes et impôts, commerce transfrontalier, exécution des contrats et règlement de l’insolvabilité.

3 thoughts on “Se lancer à l’international… Mais où?

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  1. Pas surpris,je suis en Tunisie depuis 2010 et ce n’est pas aussi beau que sur le papier, tout cela du a une administration inefficace et corrompue et cela ne s’arrange pas même après janvier 2011…

    1. Merci de votre commentaire, M. Gautier. J’ai eu l’occasion l’an dernier d’enseigner à Tunis à des gestionnaires du secteur de l’énergie. Les commentaires de ces derniers lors de nos discussions ressemblaient étrangement aux vôtres… Dommage…

      Merci à vous, et continuez de nous lire!

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