Fusions et acquisitions : mariage de raison, mariage de pognon!

Lorsqu’il est question de fusions et d’acquisitions, il est questions de gros sous! On ne parle pas ici de millions ou de milliards, mais bien de trillions de dollars! Les fusions et les acquisitions entre entreprises génèrent des flux financiers énormes, beaucoup d’espoirs et, on doit bien le reconnaître, souvent bien des déceptions!

Un état des lieux

Prenons dans un premier temps la mesure du phénomène. Chaque année, l’agence de presse canado-britannique Thomson Reuters publie un bilan des unions (annoncées, en cours ou conclues) entre les entreprises, et ce à l’échelle du globe. La dernière mouture du rapport Mergers and Acquisitions Review révèle que près de 49 500 fusions ou acquisitions ont été annoncées au cours de l’année 2017, soit une hausse de 7,4 % par rapport à 2016. Quant à la valeur des actifs mis en commun par les organisations en cause, celle-ci s’élève à 3,6 trillions USD (3 601 milliards de dollars, pour être précis), en légère baisse par rapport à l’an dernier. Fait intéressant à noter quant à la valeur de ces fusions ou de ces acquisitions : les Amériques génèrent près de la moitié (45,6 %) de la valeur de ces dernières, l’Asie-Pacifique (23,3 %) et l’Europe (20,6 %) suivant derrière. Quels sont les secteurs les plus représentés dans les ententes de cette année? Thomson Reuters nous l’apprend : près de 15 % des fusions et des acquisitions ont eu lieu dans l’immobilier, tandis que le secteur énergétique (13,7 %) et celui de la haute technologie (12,8 %) ont également été le théâtre de nombreuses unions en 2017.

Un effet de mode?

Le tableau présenté ci-haut fait toutefois prendre conscience du caractère hautement volatil de ces fusions et de ces acquisitions au fil des années. De fait, si 2013 a constitué une année de vaches maigres, 2015 fut l’année de tous les records à ce chapitre, la valeur des fusions et des acquisitions, une fois conclues, s’élevant à tout près de cinq trillions USD!

Qu’est-ce qui peut expliquer de telles fluctuations? Les cycles inhérents à de tels mouvements auraient beaucoup à voir… avec la psychologie humaine, notamment celle des dirigeants ! En effet, car au-delà des visées stratégiques formulées ou des occasions d’affaires identifiées par les dirigeants d’entreprise, il appert que le climat économique et financier général pourrait tout aussi bien expliquer les hauts et les bas des fusions et des acquisitions. Lorsque l’économie va généralement bien, on constate un accroissement du nombre et de la valeur des fusions et des acquisitions. Et l’inverse est tout aussi vrai!

Si les fusions et les acquisitions peuvent donc partiellement s’expliquer par un effet de mode, la pression à suivre, ou ne pas suivre, cette mode n’en demeure par moins forte pour celles et ceux qui ont à initier, à piloter et à conclure ces méga-transactions. On sait à quel point une quelconque mode peut parfois imposer ses diktats! Quoi qu’il en soit, ces mêmes dirigeants sont parfois « poussés » bien malgré eux vers ces unions, du fait de la pression des actionnaires qui entrevoient un contexte propice pour mettre le grappin sur une entreprise, ou une occasion de s’implanter dans un nouveau marché. Parfois, les médias spécialisés ajoutent à cette pression en critiquant l’immobilisme d’une entreprise, ou la chance ratée d’une autre entreprise… Rien de bien simple pour ces dirigeants, qui jonglent avec des milliards de dollars et le bien-être de centaines de milliers d’employés et d’actionnaires! Car les conséquences d’un divorce peuvent être immenses, à tous points de vue!

Unis pour la vie?

Une fusion ou une acquisition, c’est un mariage entre deux organisations. Quelle qu’en soit la motivation profonde (la raison, la passion ou le pognon!), il n’en demeure pas moins que le taux de succès de telles ententes demeure relativement modeste. Bien qu’il n’existe pas de consensus à cet effet, les différentes études menées sur la longévité des fusions et des acquisitions révèlent que celles-ci échouent généralement à moyen et à long terme, dans une proportion allant de 50 % à 70 %! Certes, il existe des alliances solides qui performent et qui satisfont la plupart des attentes de leurs parties prenantes respectives : Renault et Nissan (automobile), Air France et KLM (aviation civile), Disney et Pixar (cinéma), Exxon et Mobil (pétrole) sont de celles-ci. Mais d’autres se sont également révélées plutôt catastrophiques : Daimler Benz et Chrysler (automobile), AOL (American Online) et Time Warner (médias) faisant maintenant partie des histoires qui ont mal tourné… Comme quoi la vie à deux, ce n’est jamais donné!

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