Mexique : ¿Cómo van las cosas?

Comment vont les choses, pour ce géant de l’Amérique latine? Entre les excès de furie et de fiel du Grand Orange américain (vous aurez compris de qui il s’agit!), la chute des cours du pétrole, dont le Mexique est l’un des grands producteurs à l’échelle mondiale, et la pauvreté qui continue de frapper près de la moitié des quelque 125 millions d’habitants du pays, les choses pourraient sans doute aller mieux!

De retour d’une semaine de vacances bien méritées sur la Riviera Maya, cette magnifique côte de la péninsule du Yucatán, foyer de la civilisation maya, l’envie me prit de porter mon regard sur la situation actuelle de cette République fédérale, question de bien saisir les enjeux majeurs auquel le pays fait face, à quelques mois d’une élection présidentielle âprement disputée. Le modèle FFOM[1] (forces, faiblesses, opportunités et menaces) m’aidera ici à structurer l’analyse succincte, et donc bien incomplète, que je vous propose en ces quelques lignes.

Les forces

Le Mexique est un pays d’une richesse incomparable, tant évidemment sur le plan de la culture que sur celui des richesses naturelles. À titre d’exemple, le pays est le premier producteur mondial d’argent et, surtout, le douzième producteur mondial de pétrole. Ces mêmes richesses naturelles, sur lesquelles l’économie du pays était solidement appuyée au cours de la décennie 1990, occupent aujourd’hui une moindre part du produit intérieur brut (PIB), résultat d’un mouvement de réformes économiques initiées par l’actuel président Enrique Peña Nieto. De fait, l’ouverture plus grande des secteurs des télécommunications, de l’électricité, du pétrole et du gaz naturel au capital privé et à l’investissement étranger aura eu l’effet escompté, soit de rendre ces secteurs davantage compétitifs et de faire chuter le prix de ces commodités pour les Mexicaines et les Mexicains. Cette dépendance aux matières premières semble donc être chose du passé : la contribution directe et indirecte du secteur pétrolier au PIB mexicain est passée d’environ 13 % (1995) à environ 9 % (2016). En somme, le Mexique met de moins en moins ses œufs dans le même panier, et cette diversification de son économie génère des retombées positives pour le pays, s’il faut en croire la croissance annuelle du PIB, au-delà de la barre des 2 % pour 2017, et appelée à se maintenir au cours des deux années prochaines.

Les faiblesses

Décharge dans la ville de Mexico
(source : Yann Arthus Bertrand)

Le Mexique est aussi le pays aux mille contrastes. Figurant au onzième rang des plus grandes économies de la planète, la République est toutefois aux prises avec des disparités monstres entre la classe des possédants et l’immense majorité des simples citoyens. La pauvreté demeure une plaie pour le pays, les données officielles signalant que 45 % de la population se trouve sous le seuil de pauvreté. Pour sa part, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime que ce pourcentage se rapprocherait davantage de 70 %! L’économie informelle y est toujours aussi florissante, la criminalité (notamment liée au trafic de la drogue) et la corruption demeurent des problèmes de taille, le Mexique se pointant au 45e rang mondial, sur 180 pays, des pays les plus corrompus, selon le Corruption Perceptions Index 2017 de l’organisme Transparency International. La productivité de la force de travail est l’une des plus faibles de l’ensemble des pays de l’OCDE, et un écart important subsiste toujours entre la participation des hommes et des femmes au marché du travail.

Les opportunités

Qu’à cela ne tienne, le Mexique peut toutefois jouer de bonnes cartes qui pourraient bien, dans un avenir plus ou moins rapproché, améliorer la performance générale de son économie et le sort de sa population. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la proximité avec le géant américain et la compétitivité des salaires mexicains ont fait en sorte de favoriser l’émergence d’un secteur manufacturier vigoureux, notamment dans les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique et de l’électronique. Malgré une balance commerciale déficitaire d’environ 11 milliards USD, la valeur des exportations du pays s’est accrue d’environ 10 % l’an dernier, notamment en raison de l’engagement du pays à l’égard du libre-échange avec ses voisins immédiats, le Canada et les États-Unis, mais aussi avec 44 autres pays du globe. De fait, 90 % du commerce extérieur du pays s’effectue déjà dans le cadre d’un de libre-échange.

Les menaces

« Quand les États-Unis reniflent, le Canada a le rhume! » a-t-on coutume de dire ici, et le même adage pourrait s’appliquer au cas mexicain. Outre les problèmes socioéconomiques structurels évoqués plus haut, la dépendance de l’économie nationale au marché américain constitue sans conteste le talon d’Achille du Mexique. Bon an mal an, un peu plus de 80 % des exportations du pays atterrissent dans la cour de l’Oncle Sam. Va quand les relations sont bonnes! Mais lorsque le ciel est au gris (ou à l’orangé? 😉), les Mexicaines et les Mexicains ont de quoi s’inquiéter! La volonté du président américain de renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) et de restreindre les flux migratoires et, forcément, économiques entre les deux contrées à l’aide de l’improbable et impossible mur frontalier n’augure rien de bon pour le pays… à condition que ces lubies se matérialisent, évidemment.

Remplis d’espoir, les Mexicaines et les Mexicains se rendront aux urnes le 1er juillet prochain afin d’élire leur prochain président, leurs 128 sénateurs et leurs 500 députés. La victoire attendue de la gauche saura-t-elle en partie remédier aux importants problèmes du pays et mettre en valeur ses immenses potentialités, pour le bien et la prospérité de tous et chacun? La réponse, le 2 juillet!

[1] Souvent mieux connu sous son acronyme anglais SWOT, pour strenghts, weaknesses, opportunities and threats.

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