La révolution électrique est en marche!

La liste des pays qui entendent bannir les véhicules à carburant fossile dans les deux décennies à venir continue de s’allonger. Après la France et le Royaume-Uni, qui ont récemment décidé d’interdire la vente de tels types de véhicules sur leur territoire à partir de 2040, voici que la Chine affirme haut et fort son intention de prendre la même route… verte! Il n’y a pas à redire, nous sommes véritablement à la croisée des chemins en matière de transition énergétique vers l’électricité!

L’impérieuse nécessité du changement

Il faudrait avoir passé l’été qui s’achève loin, très loin, sur l’une des planètes du système solaire, pour ne pas avoir constaté l’un des effets pervers de la hausse des gaz à effet de serre pour l’Humanité entière, à savoir la hausse généralisée des températures. L’été torride que nous venons de passer souligne encore plus, si une telle chose est davantage possible, la nécessité d’effectuer la transition vers l’électricité, notamment dans le cas du large domaine du transport.

Ce secteur précis, dans la perspective de cette transition énergétique souhaitée et attendue, est névralgique. J’appelle ici à la barre mon collègue Pierre-Olivier Pineau, professeur titulaire au Département de sciences de la décision à HEC Montréal, et titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie. Le rapport État de l’énergie au Québec, publié annuellement depuis quatre ans par le prof Pineau et ses acolytes, nous apprend en effet que le secteur du transport, pour le seul cas du Québec (environ 6,5 millions de véhicules), engouffre à lui seul 29 % de la consommation énergétique québécoise totale, toutes formes confondues (graphique 20, ci-bas). Pour ne parler que des seuls produits pétroliers, 70 % de la consommation québécoise de ces derniers est le fait du secteur du transport. Mais toutefois, comme illustré par le graphique 23, la prédominance des hydrocarbures dans le transport est encore marquée au Québec. S’il y a transition énergétique, elle est encore bien modeste…

Révolution ou évolution?

Si nul n’est contre la vertu, force est de reconnaître que notre belle conscience environnementale collective tarde à se concrétiser, en ce qui a trait à l’achat d’un véhicule hybride ou entièrement électrique. Peut-être vaudrait-il alors mieux parler d’évolution énergétique, plutôt que de révolution énergétique? Quoi qu’il en soit, les choses bougent et avancent, sans doute pas au rythme voulu, mais elles avancent!

Même les voitures sport s’y mettent! Le modèle « LaFerrari », premier véhicule hybride du mythique constructeur italien.

C’est ce que constate notamment l’agence de presse économique Bloomberg, elle qui, dans son rapport Electric Vehicle Outlook 2018, signale que l’avenir à moyen et à long terme est résolument électrique! En effet, Bloomberg estime que les ventes mondiales de véhicules électriques, qui se sont élevées l’an dernier à 1,1 million de bagnoles, devraient être décuplées d’ici 2025, pour atteindre 11 millions de voitures. En 2030, les ventes de tels véhicules devraient se chiffrer à 30 millions d’unités. Puis en 2040, plus de la moitié (55 %) des voitures vendues seront électriques : le parc de voitures électriques devrait constituer le tiers de toutes les voitures roulant sur la surface du globe. Notons au passage que la Chine sera incontestablement le fer de lance de cette transition vers les transports électriques, elle qui devrait accaparer 39 % des ventes mondiales de véhicules électriques en 2030, un fait qui n’étonne pas quand on connaît les défis démographiques et environnementaux propres à l’Empire du Milieu.

Le coup de pouce qui fait la différence

Outre les évidents constats quant au réchauffement climatique et une plus grande conscientisation environnementale, certains éléments, note Bloomberg dans son rapport, contribuent à accélérer l’électrification des transports. D’une part, le prix des batteries au lithium-ion, simple conséquence d’une hausse de la demande et des développements technologiques récents, a chuté de manière impressionnante. Au début de l’actuelle décennie, le prix d’une telle batterie était estimé à environ 1 000 dollars par kilowattheure (kWh) : il oscille aujourd’hui autour de 210 dollars/kWh. Par ailleurs, la densité énergétique des batteries tend à s’accroître d’environ 5 % à chaque année, rendant les consommateurs de moins en moins frileux en ce qui a trait à l’un des principaux freins à l’achat, à savoir l’autonomie du véhicule.

Mais surtout, les principaux acteurs du domaine du l’automobile reconnaissent aujourd’hui le cul-de-sac dans lequel nous nous trouvons collectivement, et agissent dans la bonne direction. Comme nous le soulignions d’emblée, l’État légifère afin de favoriser, voire même d’obliger, l’achat de véhicules électriques, et la plupart des grands constructeurs automobiles se sont engagés à électrifier leurs modèles rapidement. À titre d’exemple, le constructeur suédois Volvo stoppera net la production de véhicules à essence dès l’an prochain, tandis que Tesla lancera dans les mois à venir le Semi (avouez qu’il a de la gueule!), son camion électrique, une initiative qui sera également copiée par ses principaux concurrents, compte tenu également de l’importance du transport de marchandises dans l’équation environnementale actuelle.

Lentement mais sûrement, nous sommes sur la bonne voie!

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