La revanche des petits

Parce qu’ils sont gros et qu’ils en imposent, les géants du commerce de détail comme Amazon ou Walmart semblent occuper tout l’espace stratégique dans leur domaine d’affaires respectif, tout comme l’espace médiatique aussi. Mais une nouvelle gamme d’entreprises fait lentement mais sûrement sa place, non sans provoquer quelques sueurs froides chez les premiers!

Les microentreprises, parfois appelées direct-to-consumer brands en anglais, sont le phénomène de l’heure au sein du commerce de détail. Un seul fait vous convaincra de la chose. Comme The Economist le souligne dans un article[1] récent, les vingt-cinq plus grandes entreprises américaines de l’alimentation ont généré 45 % des ventes dans ce sous-secteur entre 2011 et 2015, mais seulement 3 % de la croissance était le fait de ces géants. Les quelque 20 000 autres entreprises, nécessairement de petite et de moyenne taille, sont donc responsables de 55 % des recettes du domaine d’affaires et, surtout, de 97 % de la croissance pour la même période. Tirez-en vos propres conclusions!

Small is beautiful, and possible!

Monter une affaire, s’entendre avec des fournisseurs, produire, constituer un inventaire, se faire connaître : les obstacles sont souvent nombreux avant de procéder à une première vente. C’est une chose que les entrepreneurs savent bien. Par le passé, voilà trois ou quatre décennies, lancer son entreprise exigeait d’importantes ressources en capital, en temps et en énergie, sans la moindre garantie de succès au bout. Mais en 2018, les choses ont changé, et pour le mieux!

De fait, on assiste à l’heure actuelle à la naissance d’une constellation de ces microentreprises, ces dernières étant en mesure de s’appuyer les unes sur les autres afin de contourner les obstacles prohibitifs que constituent les fournisseurs et les distributeurs de taille, jadis incontournables intermédiaires dans le modèle d’affaires des entreprises de tout acabit.

Quelques emballages réalisés par Lumi.

Un exemple? Prenons Lumi, une entreprise californienne spécialisée dans la conception d’emballages. Cette dernière offre aux entreprises œuvrant dans le commerce électronique la possibilité, à partir du site Internet de Lumi, de concevoir leurs produits d’emballages (boîtes, sacs, sachets, rubans, adhésifs, etc.) et de passer une commande directement auprès du millier de fabricants qui sont regroupés sur cette place de marché virtuelle. Personnalisation, souplesse (parfait pour les commandes de petite taille, snobées par les grands manufacturiers) et rapidité : Lumi est la solution idéale pour les microentreprises qui veulent se lancer avec prudence dans le marché.

Idem pour ShipBob, une entreprise de Chicago qui a pour ambition de donner un coup de pouce aux microentreprises quant à la dimension logistique de leurs activités. Une entreprise comme Amazon, étant donné son envergure, est en mesure de garantir la livraison de ses produits en deux jours. Il s’agit là d’un avantage indéniable que bon nombre de microentreprises voudraient avoir à leur tour. C’est maintenant possible avec ShipBob qui, avec sa plateforme virtuelle et ses entrepôts stratégiquement disséminés sur le territoire américain, peut garantir le même délai de livraison pour des commandes de toute taille. Voyez par vous-même, dans la vidéo suivante.

Quant à la publicité et au marketing, les microentreprises sont aujourd’hui en mesure de s’appuyer sur des outils technologiques à la disposition de tout un chacun afin de se faire connaître auprès des segments de clientèle ciblés et de maintenir un lien tangible et riche avec les consommateurs. Concevoir et lancer un site Internet relève aujourd’hui du jeu d’enfant avec des plateformes telles que celle offerte par Wix ou GoDaddy, pour ne nommer que deux d’entre elles. Et Facebook est sans conteste, avec ses quelque 2,25 milliards d’utilisateurs actifs, le vecteur par excellence afin de rejoindre sa clientèle, pour une fraction du prix qu’il en coûterait autrement, et avec une efficacité foudroyante.

Le client du troisième millénaire est capricieux, volatile et exigeant, c’est aujourd’hui chose admise. Les microentreprises sont en voie de faire la démonstration que l’on peut avantageusement combler les besoins de ce dernier en lui proposant une expérience d’achat personnalisée, sans accroc (seamless, dit-on dans la langue de Shakespeare) et agréable, le tout sans investissement massif au départ! De quoi donner le goût de se lancer en affaires!

[1] « The growth of microbrands threatens consumer-goods giants ». The Economist, 8 novembre 2018.

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