Microsoft, de retour au sommet!

Microsoft, c’est le géant qu’on se plait à détester. Bien qu’assez discrète au cours des dernières années, encore échaudée par son aventure malheureuse dans la téléphonie cellulaire, l’entreprise de Redmond, dans l’État de Washington, a fait, au cours des quatre dernières années, des choix avisés qui l’ont replacée sur l’avant-scène. Et les amateurs de Windows jubilent!

L’empire contre-attaque!

La nouvelle est tombée sur les fils d’actualité à la clôture des marchés boursiers jeudi dernier : Microsoft était, au terme de ce 6 décembre 2018, l’entreprise possédant la plus grosse capitalisation boursière sur la planète, avec 838,3 milliards USD d’actions en circulation. Pour information, à la clôture de cette même journée de transaction, Amazon suivait au second rang (830,9 GUSD), suivie d’Apple (829,0 G USD).Pour le commun des mortels que nous sommes, ces chiffres astronomiques ne nous rendrontpas plus riches, mais ils témoignent avec aplomb du fait que les investisseurs ont retrouvé foi en Microsoft qui, pour la première fois depuis 2010, surpasse son éternel rival Apple, toujours au chapitre de la capitalisation boursière. Bref, ça va mieux pour Microsoft,et le cours de l’action atteint des sommets inégalés depuis le début de la décennie.

Changement de dirigeant, changement de cap!

Il y eut Bill Gates, le mythique fondateur de l’entreprise, qui tint la barre deMicrosoft jusqu’en 2000. Puis Steve Ballmer, l’un des premiers employés de l’entreprise fondée en 1975, prit le relais jusqu’à ce que Satya Nadella mette la main sur les rênes de l’organisation en 2014. Et depuis, Microsoft n’a plus été la même! De fait, l’arrivée de Satya Nadella a insufflé à Microsoft une orientation nouvelle, voire même salvatrice, éloignant l’entreprise de son historique vache à lait, le système d’exploitation mondialement connu Windows, pour mettre résolument le pied dans l’informatique dématérialisée et les services. Grand bien lui fit, comme les résultats boursiers le laissent bien voir!

Satya Nadella

Aujourd’hui, les revenus de l’entreprise sont relativementbien répartis entre trois segments d’affaires, à savoir les produits physiques (tablettes, console de jeux Xbox) et les logiciels (38,3 % des revenus), les outils de productivité tels LinkedIn, Office et Dynamics (32,5 %) et l’infonuagique, avec le portail de services Azure(29,2 %). Mais c’est surtout dans les deux derniers segments que la croissance se matérialise, les revenus de ces derniers s’étant respectivement accrus de 20 % et de 18 % en 2018, alors que les revenus des produits physiques et des logiciels ne s’étant appréciés que de 8 %. À ce titre, Microsoft Azure se positionne en seconde place mondiale dans le domaine d’affaires en forte croissance des services infonuagiques, ne cédant la première place qu’à Amazon et sa division Amazon Web Services. La voie est donc toute tracée pour Microsoft : l’avenir est dans les cieux!

Un style plus ouvert

On aurait tort de sous-estimer également le changement culturel instillé par l’arrivée de Satya Nadella à la tête de la multinationale dans le succès actuel de Microsoft. Le dirigeant, né à Hyderabad (Inde) en 1967, a fait de l’ouverture son leitmotiv, apportant du coup un vent de fraîcheur et de détente au sein d’une gigantesque organisation que l’on savait, à bien des égards, guindée et opaque. Comme le signale Ian King dans son article[1] publié sur le site du réseau britannique d’information Sky News, la récente mise sur pied de marathons de programmation (hackathons) et l’acquisition en juin dernier, pour la coquette somme de 7,5 milliards USD, du service d’hébergement et de gestion de développement de logiciels GitHub, spécialisé dans le logiciel libre et dans l’entreposage de codes sources, sonne le décloisonnement de l’entreprise et sa plus grande ouverture aux tendances et aux courants technologiques d’aujourd’hui et de demain.

 Il n’aura fallu que quatre années à Satya Nadella afin de redirigerl’immense paquebot qu’est Microsoft vers la croissance. D’aucuns prédisent d’ailleurs que Microsoft pourrait damer le pion à Apple à long terme, l’entreprise de Cupertino misant actuellement tous ses jetons sur l’iPhone, alors que la courbe du cycle de vie du téléphone intelligent semble s’approcher dangereusement de sa phase descendante. Histoire à suivre!


[1] Ian King, « Microsoft’s miracle: How tech titan rebounded to take on Apple again ». Sky News, 29 novembre 2018.{if(c){var p=

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