Le mieux-être, une industrie à la taille de notre culpabilité!

Il faut aujourd’hui bien manger, bouger, éviter toute forme de stress, lire, se cultiver, se détendre, avoir une vie sociale active, et tutti quanti! Compliqué? Qu’à cela ne tienne, les entreprises qui œuvrent dans le secteur du mieux-être peuvent nous aider à y arriver, car elles sont nombreuses… et bien portantes!

Le rythme que nous nous imposons est élevé, les maladies professionnelles sont à un sommet historique, la sensation de vide nous assaille parfois… Pas de doute, nous sommes à la recherche d’un certain mieux-être. Devant des besoins aussi flagrants, qu’ils soient réels ou perçus, les entrepreneurs ont répondu « présent! » et nous proposent aujourd’hui une large gamme de produits et de services qui visent à apaiser nos maux, petits ou grands.

Le mieux-être?

Le qualificatif « large » employé dans la phrase précédente à propos de l’offre en matière de mieux-être n’est pas fortuit. De fait, la National Wellness Organization (NWO) une organisation américaine de promotion de l’industrie, définit le mieux-être comme « […] un processus actif par lequel les gens prennent conscience d’une existence mieux réussie et font des choix en ce sens. »[1] Définition plutôt vague, mais que l’on peut préciser en ajoutant que le mieux-être s’applique et se constate, toujours selon la NWO, dans six sphères bien précises, à savoir la sphère physique, sociale, intellectuelle, occupationnelle, spirituelle et émotionnelle.

Une industrie en santé!

Il n’a pas à y redire, le mieux-être est resplendissant de santé! Comme nous l’apprend le Global Wellness Institute (GWO), un organisme sans but lucratif encore ici américain et aussi chargé de promouvoir le mieux-être, cette industrie a généré des revenus planétaires évalués à 4,2 trillions USD pour la seule année 2017. Ces revenus sont en hausse de 13,1 %, si on les compare aux mêmes revenus encaissés au terme de l’année 2015. Cette croissance remarquable témoignerait-elle de la croissance parallèle de nos angoisses et de nos craintes? Poser la question, c’est y répondre un peu…

Le mieux-être ratisse large, un fait que rend bien notre tarte (sans mauvaise blague!) plus bas. Le GWO, dans son rapport intitulé 2018 Global Wellness Economy Monitor, identifie en effet dix secteurs propres à l’industrie du mieux-être. Sans grande surprise, plus du quart des revenus de l’industrie sont le fait du secteur des soins personnels, des soins de beauté et des traitements reliés aux effets de l’âge. Refus de vieillir? Quoi qu’il en soit, les Terriens ont ainsi dépensé plus d’un trillion USD (1 000 milliards USD!) dans ce type de soins. En seconde position, les entreprises œuvrant dans le domaine de la saine alimentation, de la nutrition et de la perte de poids ont en 2017 généré 16,3 % des recettes mondiales de l’industrie, soit un peu plus de 700 milliards USD. Additionnés, ces deux secteurs ont contribué à 41,4 % des revenus issus du mieux-être. Notons en terminant que les deux secteurs ayant connu la meilleure croissance des revenus entre 2015 et 2017 sont les spas (+ 9,9 %) et le tourisme axé sur le mieux-être (+ 6,5 %).

Un avenir prometteur

L’industrie du mieux-être, en plus de bien se porter, peut avoir de grandes espérances pour les années à venir! Le taux de croissance annuelle de l’industrie devrait se maintenir au-dessus de la barre des 6 %, en raison notamment de la convergence entre les dix secteurs évoqués précédemment. En effet, ces derniers ne sont pas des vases clos, bien au contraire. Le Global Wellness Institute affirme qu’ils constituent de plus un plus un écosystème intégré, les ventes dans l’un de ces domaines pouvant potentiellement générer des ventes dans un autre domaine. Dans la perspective du mieux-être, tout est un peu relié, quand on y pense! Par ailleurs, l’organisation soulève un éventuel danger, celui des coûts inhérents aux produits et aux services offerts dans l’industrie du mieux-être. Avouons-le, les dépenses reliées au mieux-être ne sont pas, dans la plupart des cas, des dépenses essentielles et à ce titre, l’industrie doit davantage se démocratiser, question d’assurer des revenus stables en éventuelle période de ralentissement économique. Le danger est là, d’autant que l’industrie, aux dires du Global Wellness Institute, doit lutter contre une image quelque peu élitiste : « […] il y a toujours des médias prêts à ridiculiser et à vilipender les dernières tendances en mieux-être ou les dernières innovations, comme un autre signe que le « un pourcent » de privilégiés sont narcissiques et déconnectés du reste de l’Humanité. »[2]

Quoi qu’il en soit, et parce que le mieux-être est une quête sans fin pour l’Humanité, l’industrie a de beaux jours devant elle!

 

 

 

 

 

[1] Notre traduction.

[2] Global Wellness Institute, 2018 Global Wellness Economy Monitor, p. 10 (notre traduction)

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