La chaîne de blocs : le futur en toute confiance?

Parmi toutes les technologies inhérentes à l’actuelle révolution numérique, aucune ne soulève autant d’intérêt et d’attentes que la chaîne de blocs (blockchain). Et pour cause! Car les promesses de la blockchain sont immenses, et elles ne s’arrêtent pas qu’aux cryptomonnaies comme le bitcoin!

Décrire la technologie de la chaîne de blocs n’est pas chose simple. Mais tentons quand même l’exercice : explication en trois temps!

Primo, puisque les ressources sont rares et que nous devons nous procurer ce que nous ne pouvons fabriquer nous-mêmes, le système économique nécessite la présence de transactions de tout acabit. C’est un fait! Secundo, compte tenu du nombre de transactions à effectuer pour se procurer les biens et les services dont nous avons besoin, nous devons nous en remettre à des intermédiaires, les marchands ou les professionnels. Et tertio, nous plaçons aussi notre confiance dans les institutions bancaires et financières qui se chargent, moyennant certains frais, de valider et d’effectuer les transactions que nous effectuons quotidiennement. Pour vous donner une idée de la somme d’information et de dollars que ça représente, la coentreprise Visa, le plus grand émetteur de cartes de crédit sur la planète, a géré des transactions à hauteur de 11 trillions USD en 2018. Visa a la capacité d’effectuer 65 000 transactions par seconde. Et il ne s’agit ici que de Visa!

Faire appel à une tierce partie (une banque, un émetteur de cartes de crédit, un notaire, etc.) afin de valider et de consigner nos moindres transactions comporte à la fois un coût et des risques. Un coût, puisque le service rendu par l’intermédiaire s’ajoute au prix du bien ou du service. Des risques, puisqu’une erreur ou, pire encore, une fraude est toujours possible : l’agence de notation américaine Equifax peut vous en parler, elle qui a été victime en 2017 d’un piratage qui aurait potentiellement touché 145 millions de consommateurs américains.

Et la chaîne de blocs, dans tout ça? Très simplement dit, la chaîne de blocs est une technologie qui permet de garantir l’inviolabilité des informations inhérentes à une transaction donnée grâce à un registre virtuel accessible à tous et, surtout, validé par tous. Chaque entrée du registre, peu importe l’opération qui est y inscrite (virement d’un bitcoin de A vers B, transaction immobilière, traçabilité d’un produit dans une chaîne de production, etc.), est authentifiée par la communauté des utilisateurs dudit registre. La vidéo qui suit résume le tout en soixante secondes.

La blockchain permet donc, en bref, de garantir à la fois la sécurité des données, leur intégrité et, du coup, cette technologie a l’immense mérite de hausser d’un coup la confiance entre les protagonistes d’une transaction donnée. Et la chose a son importance car tous les acteurs économiques (vous, moi, l’entreprise, ses clients) déboursent une somme supplémentaire afin de s’assurer que les transactions sont à la fois valides et sécuritaires, sans avoir la garantie absolue qu’elles le seront toutefois.

Ce que ça change pour les organisations

Voyons comment Don Tapscott et Alex Tapscott entrevoient, dans leur commentaire[1] paru dans la MIT Sloan Management Review, la manière dont les entreprises et les organisations pourraient mobiliser la chaîne de blocs pour leur bénéfice et celui de leurs clients. Les auteurs évoquent, par exemple :

  • L’embauche. Lors d’un processus de dotation, l’employeur pourra consulter, après autorisation, les références académiques d’un candidat que son alma mater auraient placé dans un registre sécurisé, éliminant du coup les possibles fausses déclarations;
  • La tenue de livres. Les transactions réalisées par une entreprise ou une organisation peuvent être consignées en temps réel dans un grand livre virtuel. Impossible, donc, de mettre sur pied une double comptabilité frauduleuse et, surtout, les investisseurs ou les parties prenantes ont une image immédiate et fidèle de la situation financière de l’entité;
  • La chaîne d’approvisionnement. En consignant toutes les informations inhérentes aux étapes de la fabrication d’un produit ou de l’élaboration d’un service, l’entreprise ou l’organisation peut donc présenter un rapport de traçabilité fiable et précis, pour sa propre gouverne et pour le bénéfice de ses clients qui exigent de plus en plus aujourd’hui de savoir d’où provient ce qu’il consomme;
  • L’identification. La création d’un dossier virtuel d’identification (certificat de naissance, passeport, documents légaux, etc.), comme c’est notamment le cas en Estonie (voir l’encadré à ce sujet), permettra la validation instantanée des données relatives à une personne réfugiée ou immigrante, réduisant du coup les interminables délais administratifs.

Voilà, en somme, la promesse de la chaîne de blocs. La confiance et l’accès à l’information étant les deux lubrifiants essentiels de la machine capitaliste, la mise en place progressive de la blockchain laisse donc entrevoir des transactions simplifiées, moins coûteuses puisqu’exemptes d’intermédiaires, et fiables à 100 %. À voir, dans un avenir plus ou moins rapproché!

 

 

 

 

[1] Don Tapscott et Alex Tapscott (2017). « How blockchain will change organizations ». MIT Sloan Management Review, 58(2), 10.

Laisser un commentaire

Powered by WordPress.com.

Up ↑

%d blogueueurs aiment cette page :