Sony et Microsoft : l’inévitable alliance

Le poids lourd japonais et le géant américain se disputent âprement l’amour et l’affection des amateurs de jeux vidéo depuis des années, l’un avec sa PlayStation 4 et l’autre avec sa Xbox One. Mais la montée des jeux vidéo dans le nuage annonce une collaboration à première vue surprenante entre les deux adversaires.

L’annonce du partenariat à venir entre l’entreprise japonaise et la firme de Redmond, dans l’État de Washington, a de quoi surprendre, tout en ne surprenant pas réellement, comme l’affirmait plus tôt en mai Tom Warren dans son article[1] publié sur le site Internet du magazine The Verge. Certes, les deux géants se livrent depuis une quinzaine d’années une bataille épique, une bataille toutefois dominée par Sony, qui possède plus de la moitié des parts d’un marché au sein duquel il ne faut surtout pas oublier l’autre géant japonais, Nintendo qui, avec sa console Switch, tire bien son épingle du jeu.

L’avenir est dans le nuage

Mais la donne est en voie de rapidement changer dans ce domaine d’affaires évalué à environ 150 milliards USD, et où les jeux sur console occupent environ 27 % du marché, selon les données de la firme Newzoo. Mais il est un indéniable fait que vous pourrez relever, à la lecture du tableau ci-contre : la montée en force des jeux pour smartphones. Appuyés en cela par des réseaux cellulaires de plus en plus performants, et qui le seront davantage quand la norme 5G sera progressivement déployée, les grands studios de jeux vidéo savent pertinemment que l’avenir est à la dématérialisation et que la console est éventuellement condamnée à disparaître au profit de jeux hébergés dans le nuage. Certes, Sony possède à l’heure actuelle deux services en ligne, PlayStation Now et PlayStation Network. Mais ces derniers, aux dires de Yuji Nakamura et Dina Bass dans leur article[2] publié sur le site Internet de Bloomberg, ne connaissent pas le succès escompté, notamment en raison des difficultés techniques constatées sur ces deux plateformes. Pour Sony, qui tire le tiers de ses profits de la vente de ses consoles, il y a donc urgence en la demeure.

Une menace omnidirectionnelle

Et comme si la pression n’était déjà pas assez forte, Sony doit également regarder par-dessus son épaule afin de surveiller les entreprises qui possèdent déjà les infrastructures technologiques essentielles pour offrir le jeu en ligne. On pense tout de suite à Google et Amazon. La première offrira d’ici la fin de l’année la plateforme de jeux en ligne Stadia, tandis que les rumeurs les plus insistantes[3] font état de l’arrivée d’un tel service pour la seconde.

C’est l’évidence même : Sony doit impérativement et rapidement se tourner vers une entreprise versée dans l’infonuagique. C’est le cas de Google, avec Google Cloud Platform, mais également d’Amazon (Amazon Web Services) et… de Microsoft (Azure), toutes les trois étant solidement établies dans ce domaine d’affaires en très forte croissance! Le choix par Sony de Microsoft comme partenaire doit donc être compris dans la perspective de la menace que font planer Google et Amazon quant aux parts de marché éventuelles à saisir dans cette industrie naissante. Car si le jeu en ligne accapare la portion congrue du jeu vidéo à l’heure actuelle (seulement 2% de l’industrie en 2023, selon les prévisions), il va de soi que le nuage deviendra le principal vecteur employé par les gamers afin d’assouvir leur passion, et cela dans un avenir très rapproché. Et tout cela, sans compter la pression exercée par les plus petits joueurs qui, à leur tour, se sont lancés dans le jeu en ligne, ou qui y songent. Parmi ceux-ci, on notera la présence du spécialiste des cartes graphiques NVIDIA, du studio Electronic Arts avec son Projet Atlas, et même de l’opérateur mobile américain Verizon[4].

Vous aimez l’action? Vous ne serez pas déçu en suivant l’évolution de cette industrie émergente, mais promise à un bel avenir!

 

 

 

 

 

[1] Tom Warren, « Microsoft and Sony are teaming up for the future of gaming ». The Verge, 20 mai 2019.

[2] Yuji Nakamura et Dina Bass, « Sony’s Deal With Microsoft Blindsided Its Own PlayStation Team ». Bloomberg, 19 mai 2019.

[3] Lire l’article de Sean Hollister, « Here’s the evidence Amazon is building a cloud gaming service ». The Verge, 10 janvier 2019.

[4] Chris Welch, « Exclusive: Verizon is quietly testing its own Netflix-style cloud gaming service ». The Verge, 11 janvier 2019.

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