La voiture chinoise à la conquête des routes de la planète

SAIC Motor, Dongfeng, FAW, Chang’an… Des noms de constructeurs automobiles que vous ignorez probablement, mais que vous apprendrez à connaître bien assez vite, tant l’industrie automobile chinoise se développe à grande vitesse!

L’industrie automobile est aujourd’hui mondiale, et la notion même de marque nationale tend à se diluer peu à peu, tant les participations étrangères dans ces mêmes marques deviennent chose courante. N’empêche, la Chine s’impose aujourd’hui comme un pôle dominant et incontournable de ce secteur névralgique de l’économie mondiale, tant par la taille de son marché national que par sa production annuelle et par le leadership technologique dont elle fait preuve. Comme en fait foi le graphique ci-contre, l’Empire du Milieu est, de loin, le plus important fabricant automobile de la planète, sa production (27,8 millions de véhicules) approchant de près la production combinée des États-Unis, du Japon, de l’Inde et de l’Allemagne (31,3 millions de véhicules).

Si le décollage de l’industrie automobile chinoise est relativement récent et peut s’expliquer entre autres par l’admission du pays à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001, le rattrapage fut, quant à lui, spectaculaire. Et bien qu’une bonne partie des ouvriers chinois s’affairent toujours à monter des voitures européennes (Volkswagen, Mercedes), asiatiques (Toyota, Daihatsu, Subaru, Suzuki, Honda) et nord-américaines (Ford, General Motors), l’industrie du pays n’est pas en reste, puisque l’on compte aujourd’hui 72 marques nationales, pour l’immense majorité totalement inconnues à nos esprits occidentaux.

Nul n’est prophète en son pays

Avec une telle présence dans l’automobile, la question arrive tout naturellement : comment se fait-il que l’on ne voie pas de voitures chinoises sur nos routes? Plusieurs éléments expliquent cet état de fait. Dans un premier temps, paradoxalement, le gigantesque marché de la Chine est loin d’avoir été conquis par les marques nationales! C’est ce que révélait dernièrement An Conghui, le grand patron de Geely, dans une excellente entrevue[1] accordée au magazine strategy+business : ces marques chinoises ne capturent à l’heure actuelle qu’un peu moins de 40 % du marché national. Dans un second temps, une série de facteurs économiques viennent ralentir la croissance de ces constructeurs, avant même que ces derniers ne songent à exporter leurs véhicules : le ralentissement de l’économie chinoise, la contraction du crédit là-bas, la guerre commerciale avec l’Oncle Sam peuvent expliquer la chose, le tout se traduisant en une baisse de 2,8 % des ventes de véhicules en Chine, la première depuis vingt ans. Fait par ailleurs intéressant, la firme d’investissement AllianceBernstein a mené une étude[2] portant sur un siècle de données de vente de voiture, étude qui démontre qu’un fort ralentissement des ventes survient dans un marché national lorsque l’automobile atteint une pénétration de 160 véhicules pour 1 000 habitants. La Chine devrait atteindre ce ratio dès l’an prochain. Ceci explique peut-être cela…

Le salut dans la technologie

Quel moyen l’industrie automobile chinoise peut-elle envisager afin de poursuivre sa croissance? Cette croissance ne passe pas par quatre chemins : la technologie est la clé du succès futur de l’automobile chinoise! (Il y a deux allusions subtiles au domaine de l’automobile dans la dernière phrase. Saurez-vous les trouver? 😉) Et les constructeurs de l’Empire du Milieu mettent actuellement les bouchées doubles afin de positionner leurs produits, dans l’esprit des futurs acheteurs de la planète, comme la voiture du futur. Sean O’Grady, dans son article[3] publié dans les pages du quotidien londonien The Independent, rappelle que SAIC Motor, le premier manufacturier chinois en termes de production, possède la plus grosse usine de batteries lithium-ion de la planète et qu’il travaille en étroite collaboration avec l’opérateur China Mobile et le géant des télécoms Huawei, le leader mondial de la technologie 5G, afin de sortir de la chaîne de montage la voiture connectée et autonome de demain. Ajoutons à cela le fait que trois marques chinoises (BAIC, BYD et Zotye) sont parmi les cinq constructeurs de voitures électriques les plus vendues sur Terre…

Il n’est pas loin le jour où l’on verra le logo d’une voiture chinoise dans le rétroviseur!

 

 

 

 

[1] Jenny Chong et Art Kleiner, « Chinese cars go global ». strategy+business, 3 avril 2019.

[2] Cette étude est rapportée dans l’article de Jack Perkowski, « The Road Ahead For China’s Auto Industry Points To Lower-Tier Cities ». Forbes, 22 mars 2019.

[3] Sean O’Grady, « China’s car industry rapidly gaining ground on the West in a struggle for global supremacy ». The Independent, 24 avril 2019.

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