Amazon… et les autres!

À n’entendre parler que d’Amazon, on oublie qu’il existe d’autres géants du commerce électronique, comme Alibaba et Rakuten, par exemple. Qui sont ces joueurs? Comment vont-ils? Quels sont leurs principaux défis?

Le commerce électronique explose, et les joueurs de ce gigantesque domaine d’affaires, eux-mêmes gigantesques, s’activent ardemment afin de s’imposer auprès des millions de consommateurs. Revenons seulement cinq années dans le passé : en 2014, le commerce électronique générait à l’échelle mondiale des revenus de 1 316 milliards USD. Cinq ans plus tard, cette somme colossale avait presque doublé pour atteindre 2 489 milliards USD, soit une croissance annuelle moyenne de 17,3 %[1]. Le commerce en ligne capture aujourd’hui 8,8 % du commerce de détail mondial, un pourcentage qui s’élevait à 5,9 % en 2014. Époustouflant!

Qui mène le bal?

Prendre la mesure de l’importance des entreprises œuvrant dans ce domaine peut se faire par l’entremise de plusieurs indicateurs. Évidemment, l’évaluation des revenus demeure un bon indicateur, mais il faut toutefois garder à l’esprit que ces géants ont des activités très diversifiées. Par exemple, 11 % des revenus d’Amazon sont le fait d’Amazon Web Services (AWS), le service d’infonuagique de l’entreprise de Seattle, tandis que l’entreprise japonaise Rakuten donne également dans la téléphonie cellulaire. On peut également identifier les meneurs en jetant un œil sur la valeur brute des marchandises (gross merchandise value, ou GMV), qui correspond à la valeur totale des biens vendus sur une plateforme donnée. Dans les deux cas, on obtient un portrait bien différent :

Évidemment, les modèles d’affaires de ces entreprises présentent quelques différences notables. Comme le signale Yuyu Chen dans son article[2] publié sur le site Internet ClickZ, Amazon est, pour l’essentiel, une plateforme dite fermée, dans la mesure où l’entreprise prend en charge l’ensemble des opérations pour les marchands qui font affaire avec elle, incluant la gestion de l’inventaire, la logistique, le paiement et le service à la clientèle. Les entreprises asiatiques Alibaba et Rakuten, pour leur part, ont une approche plus ouverte, se contentant de n’offrir que la plateforme de vente et s’occupant du paiement des produits achetés sur leur site transactionnel.

Objectif : le monde!

Compte tenu de la montée en flèche du commerce en ligne et des alléchantes perspectives de croissance du domaine d’affaires, ne pas croître revient pratiquement à signer son arrêt de mort. C’est pourquoi tous les grands joueurs du commerce électronique n’ont pas d’autres ambitions que de conquérir la planète. Mais pour certains, et parmi les plus solides, la chose ne va pas de soi. On apprenait en effet en avril dernier qu’Amazon allait mettre un terme à ses opérations en sol chinois, le plus imposant marché du commerce électronique sur la planète, incapable d’affronter davantage la concurrence féroce d’Alibaba et de JD.com, qui contrôlent à eux deux près de 82 % de ce marché stratégique[3]. Qui plus est, Alibaba et Rakuten, pour ne nommer que ces deux entreprises, ne se cachent plus quant à leur intérêt respectif pour le marché européen. Par exemple, l’entreprise de Jack Ma, fondateur d’Alibaba, veut contrer le ralentissement économique constaté en Chine et vise, par l’entremise de sa plateforme AliExpress, à mettre le pied fermement sur le Vieux Continent, notamment en Italie, en Russie, en Espagne et en Turquie, question de couper l’herbe sous le pied de Jeff Bezos et d’Amazon.

Bref, ça joue dur dans le commerce électronique. La pénétration de ce mode d’achat s’accroît rapidement, mais les parts de marché mondiales dans ce domaine sont loin d’être acquises et cristallisées, d’autant qu’on estime que les revenus du commerce en ligne devraient dépasser les quatre milliards USD en 2020, et même frôler les cinq milliards USD en 2022. Et vers 2040, presque la totalité du commerce de détail (95 %) devrait être réalisée en ligne. D’où l’intérêt de s’imposer rapidement…

 

 

 

 

[1] Source : Khalid Saleh, « Global Online Retail Spending – Statistics and Trends ». Invesp, (non daté).

[2] Yuyu Chen, « Amazon, Alibaba and Rakuten: who is winning the global ecommerce game? ». ClickZ, 25 janvier 2016.

[3] Lire à ce sujet l’article « Amazon abandonne partiellement le marché chinois ». Le Figaro, 18 avril 2019.

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