La montée en puissance du rugby

C’est ce samedi 2 novembre prochain qu’aura lieu, dans la ville nippone de Yokohama, la grande finale de la Coupe du monde de rugby qui mettra aux prises les équipes nationales de l’Angleterre et de l’Afrique du Sud. Si ce sport physique, l’un des plus exigeants qui soient, n’a jamais capté votre attention, il faudra éventuellement y porter intérêt, tant le rugby est en voie de prendre sa place sur la scène internationale du sport. Et les entreprises ont pris bonne note de la chose!

Qui soulèvera, au terme des 80 minutes de jeu, la très convoitée coupe Webb Ellis, emblème de la suprématie mondiale au rugby à XV? Les paris sont ouverts, et nombreux sont ceux qui seraient tentés de placer leur pécule sur le Red Rose, les représentants de l’Angleterre, champions en 2003, ayant défait en demi-finale (et de manière convaincante!) les légendaires All Blacks néo-zélandais, trois fois tenants du titre mondial (1987,2011 et 2015). Mais attention, les Springboks sud-africains n’entendent pas rater l’occasion, à l’instar des All Blacks, de ramener une fois de plus à la maison le précieux trophée, après les consécrations de 1995 et 2007. Affaire à régler, donc, sur la pelouse de l’International Stadium de Yokohama ce weekend!

Une croissance en force!

Le bilan de cette Coupe du monde qui s’achève n’est pas encore établi que déjà, les experts et les analystes entrevoient des assistances et des cotes d’écoute jamais atteintes pour ce prestigieux tournoi qui se déroule tous les quatre ans, et ce depuis 1987. Par ailleurs, le pays hôte de cette présente édition, le Japon, s’est montré digne de la confiance que lui a témoigné World Rugby, l’instance décisionnelle mondiale. De fait, les Japonaises et les Japonais ont envahi les stades au cours du dernier mois, quand ils n’étaient pas assis devant leurs téléviseurs pour regarder les matchs, motivés et ravis par les excellentes performances de l’équipe nationale nippone qui a même bousculé la hiérarchie mondiale pour accéder à la ronde éliminatoire du tournoi.

Loin de ses traditionnelles racines anglo-saxonnes, le rugby bourgeonne désormais au Pays du soleil levant, et à bien d’autres endroits aussi sur le globe. World Rugby estime que le nombre de joueurs de rugby est à quelques poussières de franchir la barre des dix millions de pratiquants. Le sport a haussé, depuis les cinq dernières années, le nombre de ses joueurs d’un tiers, ce qui représente une croissance annuelle moyenne de près de 7,5 %. Plus précisément, au sein des six fédérations continentales, c’est par l’Amérique du Sud (+ 178 % de joueurs entre 2014 et 2018), par l’Asie (+ 130 %) et par l’Afrique (+ 88 %) que passe la croissance du rugby.

L’avenir du rugby

Cette même croissance est également portée par des segments de clientèle que l’on n’associe pas d’emblée au rugby, du fait de son caractère très physique, mais toujours fair play. World Rugby signale en effet que les femmes sont un vecteur important de croissance pour le sport, le nombre de rugbywomen s’élevant à environ 28 % de l’ensemble des joueurs sur la planète. Et les jeunes ne sont pas en reste, eux qui peuvent s’initier à la pratique du sport par l’entremise de Get Into Rugby, le programme mis sur pied par World Rugby afin de favoriser le développement du sport dans toutes ses fédérations. À ce titre, la fédé mondiale indique que près de 2,3 millions de jeunes ont pris part à Get Into Rugby en 2018, dont 40 % de jeunes filles! Épatant!

Les dollars suivent!

Pas étonnant, à la lumière de ces statistiques, que le sport attire de plus en plus de diffuseurs et de commanditaires d’envergure. Déjà, pour la présente Coupe du monde, d’importantes multinationales (Emirates, Heineken, Land Rover, Mastercard, Société Générale et DHL) sont associées à l’événement. Et il y a fort à parier que d’autres chercheront également à faire de même, dans la mesure où l’un des pays connaissant la plus forte croissance de la pratique du rugby est… les États-Unis! Comme le mentionne Doug Williams dans un article[1] publié l’an dernier à ce sujet, le pays de l’Oncle Sam a connu une croissance phénoménale de plus d’un million de pratiquants entre 2006 et 2016, pour atteindre environ 1,5 million de joueurs à ce jour. Qui plus est, le rugby est aujourd’hui pratiqué dans près de 35 000 high schools américain, de quoi mousser la popularité actuelle et future du sport dans ce qui constitue le plus grand marché national du globe, en termes de pouvoir d’achat. Voilà des faits qui ne manqueront pas d’intéresser les responsables des commandites au sein de nombreuses grandes entreprises…

Angleterre ou Afrique du Sud… Dans un cas comme dans l’autre, c’est le rugby qui sera le grand gagnant de l’ultime affrontement de samedi!

 

 

 

 

[1] Doug Williams, « Why rugby could be on verge of something big in United States ». ESPN, 4 novembre 2016.

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