Streaming : les hostilités sont lancées!

Le lancement du nouveau service Disney+, disponible dès aujourd’hui, rehausse d’un cran l’intense rivalité entre les grands empires médiatiques dans le domaine de la diffusion en continu (streaming). Avec sa série The Mandalorian, excroissance de l’univers Star Wars, Disney attaque de front ses rivaux, avec Netflix dans le collimateur.

Une guerre qui ne fera pas de quartiers!

C’est sans contredit l’un des phénomènes marquants de l’actuelle révolution technologique. L’accroissement progressif de la vitesse de transmission des données et l’arrivée prochaine de la norme 5G en téléphonie cellulaire[1] font en sorte de rendre la lecture de contenus audiovisuels beaucoup plus facile, notamment à partir d’un téléphone intelligent. La conséquence de ce fait n’en est que plus catastrophique pour ce qu’il est convenu d’appeler les médias traditionnels : ces intermédiaires sont de moins en moins pertinents et cèdent tranquillement le pas aux méga-joueurs du domaine du divertissement qui, par l’entremise de leurs services respectifs, s’adressent désormais directement aux consommateurs.

Netflix occupe le terrain depuis maintenant près de 25 ans (déjà!) et s’impose, avec ses quelque 158 millions d’abonnés à l’échelle mondiale. Il va sans dire que l’entreprise de Los Gatos, en Californie, constitue l’ennemi à abattre pour tous les joueurs qui se sont joints au domaine d’affaires au fil des ans, tout comme ceux qui l’ont fait récemment ou qui le feront dans les mois à venir.

Les facteurs clés de succès

Le domaine d’affaires de la diffusion en continu gagne donc en popularité. Ils sont en effet huit joueurs d’importance. Outre Netflix et Disney+, dont nous venons de parler, on doit aussi compter sur la présence d’Amazon Prime Video, de Hulu, de CBS All Access, d’Apple TV+, de Peacock et de HBO Max, chacun étant financièrement supporté par l’une de ces gigantesques entreprises aux poches très profondes. Le succès de ces plateformes dépendra de la capacité de ces organisations à bien maîtriser les facteurs clés de succès d’un domaine en émergence, et qui continue de se développer à vitesse grand V. Ces facteurs sont :

  • Le contenu. Chacune des huit plateformes offre évidemment du contenu qui lui est propre, en tablant sur des segments de clientèle préalablement bien identifiés. Par ailleurs, Netflix, Amazon Prime Video et Apple doivent faire appel à des producteurs externes afin de garnir leur offre audiovisuelle, les titans des médias que sont CBS Corporation, Walt Disney, NBC Universal et WarnerMedia possèdent dans leurs voûtes respectives des heures et des heures d’émissions et de séries qui peuvent être « réchauffées » et à nouveau servies sans grands déboursés pour ces derniers. Il y a donc là, pour ces titans, un avantage de coûts certain.
  • Le prix. La gamme de prix offerts pour ces services varie grandement d’une entreprise à l’autre, d’un abonnement mensuel de 4,99 USD (Apple TV+) à 14,99 USD (HBO Max). Qu’est-ce qui peut expliquer ces disparités? On peut émettre l’hypothèse raisonnable que la taille de la trésorerie a quelque chose à y voir. De toute évidence, Apple et Disney tentent de « casser » le marché avec les mensualités les plus basses, un fait qui traduit peut-être les énormes ressources financières de ces deux organisations, qui sont donc théoriquement prêtes à absorber des pertes potentielles à court et à moyen terme. Quoi qu’il en soit, la capacité de payer des consommateurs n’est pas infinie, et on peut croire qu’une certaine sélection naturelle s’effectuera d’elle-même après quelques mois de cette guerre entre les géants du streaming. Une étude menée par la firme Magid révèle que les consommateurs américains sont prêts à s’abonner en moyenne à quatre services de vidéo en diffusion et à dépenser 42 USD à ce poste budgétaire.
  • L’expérience d’utilisation. Les gagnants de l’actuel conflit seront ceux qui sauront retenir leurs clients avec une expérience utilisateur qui se démarquera de celles de leurs adversaires. Netflix, par exemple, est passée maître dans l’art d’offrir des propositions en lien avec le profil de leurs clients, et donc susceptibles d’intéresser ces derniers. À ce jeu où l’information et l’exploitation de cette dernière par de savants algorithmes constituent de précieuses ressources, Netflix et Amazon ont une longueur d’avance.

Une importante variable doit toutefois demeurer à l’esprit de ces entreprises, à savoir la rétention de la clientèle. Debby Ruth, dans un billet de blogue[2] publié sur le site Internet du cabinet Magid, révèle que 40 % des adeptes du streaming âgés entre 17 et 41 ans ont l’intention de s’abonner à un service pour une période de six mois ou moins. Gardant à l’esprit qu’il coûte toujours moins cher de conserver un client que d’en acquérir un nouveau, voilà où se situe le véritable défi pour ces plateformes dans les mois et les années à venir!

 

 

 

 

 

[1] Relire à ce sujet notre article « La 5G à l’horizon 2020! », publié en août 2018.

[2] Debby Ruth, « The new SVOD subscriber segment you need to understand now ». Magid, 15 novembre 2018.

Laisser un commentaire

Powered by WordPress.com.

Up ↑

%d blogueueurs aiment cette page :