LVMH ajoute un bijou à sa collection de marques!

En mettant la main la semaine dernière sur le joaillier new-yorkais Tiffany & Co., vénérable institution de 182 ans, le premier groupe mondial du luxe, le conglomérat français LVMH, vient de frapper un grand coup. Quels sont les objectifs poursuivis par le milliardaire Bernard Arnault et son groupe?

Pour le commun des mortels dont nous faisons partie, la nouvelle, on le devine bien, n’aura pas beaucoup de répercussions. Ils sont en effet assez peu nombreux, et surtout très privilégiés, celles et ceux qui peuvent se payer les superbes créations de Tiffany & Co. Toutefois, l’acquisition par LVMH (pour Louis Vuitton Moët Hennessy) du bijoutier américain, un leader mondial dans ce sous-secteur d’affaires, a son importance d’un point de vue stratégique, car elle vient renforcer sa position de meneur mondial dans le domaine du luxe.

Pour le PDG et l’actionnaire principal de LVMH, Bernard Arnault, l’un des hommes les plus riches de la planète et dont la fortune est estimée à environ 105 milliards USD, l’ajout de Tiffany & Co. au portefeuille des 75 marques qui composent le conglomérat hexagonal est justifié par de nombreuses considérations. Le prestige est l’une de ces considérations, étant une ressource qui porte la marque et qui lui confère un avantage concurrentiel certain. « Nous sommes heureux d’accueillir Tiffany au sein de la famille LVMH. C’est une entreprise qui jouit d’un héritage et d’un positionnement uniques au monde dans le marché de la haute joaillerie. Tiffany nous inspire un immense respect et une grande admiration », déclarait à ce sujet Bernard Arnault dans le communiqué de presse émis par son groupe. Tiffany & Co. possède en effet un fort capital de renommée aux États-Unis et par le vaste monde, en plus de mettre de l’avant une marque distincte, connue et reconnue, et synonyme de grand raffinement.

Mais l’arrivée de Tiffany & Co. dans le giron de LVMH, au-delà de l’éclat incontestable que cette acquisition fait rejaillir sur le groupe français, se caractérise surtout par ses visées stratégiques bien définies. Certes, LVMH possède déjà de solides acquis dans le domaine de la joaillerie, ses marques Chaumet, Fred et Bulgari faisant partie des maisons les plus prisées en matière de bijoux et de parures. Qu’apportera de plus le bijoutier new-yorkais? Un réseau de 321 enseignes, dont près de la moitié (124 magasins) se situe aux États-Unis, mais également 145 boutiques dans la région Asie-Pacifique, dont 55 au Japon seulement. Voilà qui devrait, selon Juliette Garnier dans son article[1] publié dans le quotidien français Le Monde, permettre à LVMH de profiter de l’appétit du marché asiatique pour les marques de prestige. De fait, toujours selon Juliette Garnier, la demande pour les bijoux de luxe devrait s’apprécier d’environ 7 % dans cette région du monde l’an prochain.

En ajoutant Tiffany & Co. à son chapelet de grandes marques, LVMH vient également embêter son grand rival dans le luxe, le bien nommé groupe helvète Richemont. Ce dernier conglomérat possède en effet la maison Cartier, la référence universelle en matière de bijoux, en plus d’avoir dans son portefeuille de marques la réputée maison Van Cleef & Arpels. Donner dans la classe et dans le raffinement n’exclut pas de jouer du coude!

En déboursant un peu plus de 16 milliards USD, soit tout près de 15 milliards d’euros, pour la transaction, la plus importante du groupe créé en 1987, LVMH prend évidemment un important risque. Mais la magie de Bernard Arnault devrait faire le reste, lui qui a relancé Bulgari lors de l’incorporation de cette marque à son empire en 2011. Histoire à suivre, donc!

 

 

 

 

[1] Juliette Garnier, « LVMH rachète les diamants de Tiffany pour 14,7 milliards d’euros ». Le Monde, 25 novembre 2019.

Laisser un commentaire

Powered by WordPress.com.

Up ↑

%d blogueueurs aiment cette page :