Vaincre l’incertitude… par la curiosité!

Les choses seraient tellement plus simples pour les entreprises et les organisations si l’avenir était relativement connu et balisé. Mais la réalité d’affaires est tout autre, surtout en 2020. Que doivent faire ces dernières afin de surmonter les angoisses du lendemain?

Dans la perspective des professeurs Nathan Bennett et G. James Lemoine, dont l’article[1] publié dans la revue scientifique Business Horizons constitue le fondement de cette série de quatre articles, l’incertitude se caractérise essentiellement par un contexte dont les principaux paramètres sont, grosso modo, connus et maîtrisés. Toutefois, les effets qu’auront les éléments toujours dynamiques du contexte d’affaires demeurent, quant à eux, la plus importante des inconnues. C’est donc principalement à cet état de fait que doivent s’attaquer les décideurs stratégiques.

C’est, sans l’ombre d’un doute, la situation à laquelle les dirigeants de l’entreprise de téléphones cellulaires BlackBerry ont dû faire face à la fin de la décennie 2000, situation que nous avons relatée dans notre article « BlackBerry, ou quoi ne pas faire en stratégie d’entreprise! ». Rappelons que cette entreprise canadienne dominait à l’échelle planétaire le domaine d’affaires naissant des téléphones intelligents (smartphones), et ce depuis le début du nouveau siècle. En plein contrôle de la situation et de leur marché, les bonzes de BlackBerry savaient pertinemment qu’à cette époque, Apple mijotait quelque chose dans le secret de ses laboratoires et de ses usines, mais ne pouvaient juger de l’importance de la chose ni de ses effets futurs dans ce secteur. Ce quelque chose, c’était l’iPhone, qu’Apple révélera au monde entier le 29 juin 2007, avec le succès phénoménal que connaîtra cette petite machine révolutionnaire par la suite.

De demain, nul n’est certain…

La sortie de l’iPhone asséna un coup mortel à BlackBerry, qui ne s’en remit à peu près jamais, l’entreprise étant, à toutes fins pratique, aujourd’hui disparue du radar. Qu’auraient pu faire les dirigeants de BlackBerry afin de contrer la situation incertaine à laquelle ils faisaient face? À cet égard, les professeurs Bennett et Lemoine sont catégoriques : il faut absolument remédier au manque d’information!

Plutôt que de se complaire dans sa position de meneur de son domaine d’affaires, BlackBerry, pressentant une réplique d’Apple, aurait dû mettre toutes ses énergies dans la recherche d’information, histoire de savoir ce qui se tramait chez son concurrent et, du coup, de réduire le déficit d’information constaté. Plus concrètement, que devrait faire une entreprise ou une organisation en situation d’incertitude? Plusieurs actions sont ici envisageables, mais la philosophie générale demeure la même : élargir les frontières de l’organisation pour aller glaner l’info manquante.

Le salut par l’information

Dans le septième article de notre série « Sun Tzu a dit… », nous avions évoqué l’un des grands axiomes de la pensée stratégie, à savoir que l’information est le véritable nerf de la guerre que se livrent entre elles les entreprises. En ce sens, toutes les actions qu’une organisation peut mettre de l’avant afin de faciliter l’accès à de l’information valable viendront bien évidemment réduire l’incertitude, mais surtout amoindrir les chocs éventuels lorsque la menace se précise à l’horizon. Ainsi, la mise sur pied d’une veille stratégique temporaire ou permanente est évidemment un pas dans la bonne direction. Élargir ses horizons professionnels en effectuant du réseautage, en assistant à des conférences spécialisées ou à des congrès ou en participant activement aux activités d’un ordre professionnel sont également autant de moyens peu onéreux et efficaces de mettre la main sur de l’information manquante. Butinez sur l’Internet, écoutez une conférence TED, parcourez quelques-uns des innombrables rapports et analyses produites par les grandes institutions internationales comme le Groupe de la Banque mondiale ou le Forum économique mondial, pour n’en nommer que deux…

Que votre curiosité soit insatiable, pour votre bénéfice et celui de votre organisation!

 

 

 

 

[1] Bennett, N., & Lemoine, G. J. (2014). « What a difference a word makes: Understanding threats to performance in a VUCA world ». Business Horizons, 57(3), 311-317.

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