Elon Musk et Tesla : pari (presque) remporté!

Les sceptiques ont été confondus! À peine seize ans après s’être lancé dans l’aventure Tesla, et après un bon lot de railleries et de doutes de la part des investisseurs et des experts, Elon Musk est en voie de remporter le pari qu’il s’était jadis donné : bâtir une marque de voitures entièrement électriques viable et (éventuellement) profitable, grâce à un modèle d’affaires révolutionnaire.

Comme bien d’autres, j’ai douté… Car au moment où j’écrivais l’article « La dernière chance d’Elon Musk et de Tesla? », en août 2018, les vents contraires étaient puissants. Mais 18 mois plus tard, l’entreprise californienne a résolument le vent dans les voiles! Ai-je déjà mentionné que la stratégie d’entreprise n’était pas une science exacte? 😉

Bien entendu, les profits ne sont toujours pas au rendez-vous depuis la création de la marque, en 2003, et la dette de l’entreprise s’élève aujourd’hui au montant astronomique de 12,5 G USD! Qu’à cela ne tienne, les investisseurs sont loin d’avoir jeté l’éponge et gardent plutôt confiance en Elon Musk et en son projet. La preuve? La capitalisation boursière de l’entreprise est évaluée à environ 137 G USD, ne cédant le pas à ce chapitre qu’à Toyota, et loin devant la capitalisation cumulée de ses concurrents domestiques General Motors et Ford. Quant aux revenus, ils ont été multipliés par six, le tout en seulement cinq ans. C’est tout dire!

La révolution Tesla

Au-delà des derniers résultats financiers plus encourageants de Tesla, il faut également saluer l’audace, la résilience et la cohérence (dans les actions, pas toujours dans les propos!) d’Elon Musk, ce dernier ayant fait la preuve qu’une vision n’est jamais un fruit mûr qui se récolte du bout des doigts, mais s’apparente bien davantage à un bon vin qui se savoure après nombre d’années.

Être un disrupteur au sein d’un domaine d’affaires dont les grands joueurs sont aussi solidement établis demande à coup sûr toutes les attitudes évoquées au paragraphe précédent. Car c’est aussi de là que provient le succès d’Elon Musk et de Tesla : un modèle d’affaires novateur, qui remet en question bien des manières d’être et de faire dans l’industrie automobile, et qui inquiète au plus haut point les marques traditionnelles. Dans son billet[1] paru sur le site Internet de la Harvard Business Review, Lou Shipley résume les grandes lignes de ce modèle d’affaires en quatre points.

  • Tesla développe ses véhicules en tenant bien évidemment compte de la structure et du design de ceux-ci. Mais l’entreprise porte aussi une attention particulière au logiciel qui les gouverne. Ce faisant, les possesseurs d’une Tesla sont au volant d’un véhicule qui continue d’évoluer bien après l’achat, à l’inverse des véhicules des marques concurrentes, qui sont « figés » une fois hors de la chaîne de montage;
  • Acheter une Tesla est d’une simplicité désarmante. Présentez-vous en salle de montre afin d’identifier le modèle de votre choix, ou trouvez-le sur le site Internet de l’entreprise. Configurez le véhicule de vos rêves sur le site, versez le dépôt initial et le tour est joué!
  • Une voiture entièrement électrique signifie beaucoup moins de pièces mobiles, susceptibles de faire défaut. Pensez seulement à la simplicité du moteur et de la transmission d’une Tesla, sans compter toutes les pièces rendues caduques par la technologie électrique, comme le silencieux, par exemple. Moins de pièces se traduit pour le client par des coûts d’achat et d’entretien réduits. Voilà un fait qui terrorise les manufacturiers historiques, qui tirent une bonne partie de leurs revenus du service après-vente;
  • Posséder une Tesla n’a jamais été aussi tendance! L’entreprise a l’innovation et l’audace inscrites dans son ADN. Qu’il s’agisse des portes Falcon (portes papillon) du modèle X ou du futuriste Cybertruck dont la sortie est prévue en 2022, l’entreprise sait séduire à coup sûr les consommateurs avec des produits d’avant-garde et, surtout, moins dommageables pour l’environnement.

À bien des égards, Tesla est déjà bien engagée dans l’électrification des transports, laissant ses concurrents loin derrière…

 

 

 

 

[1] Lou Shipley, « How Tesla Sets Itself Apart ». Harvard Business Review, 28 février 2020.

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