La vidéoconférence, prochain eldorado?

Zoom, Slack, Teams, Webex, Meet : des entreprises et des outils bureautiques qui ne suscitaient pas beaucoup d’intérêt par le passé et qui, COVID-19 oblige, sont devenus des partenaires indispensables de notre quotidien en ces temps exigeants de confinement.

 « À quelque chose malheur est bon! »

Ce ne sont certainement pas les dirigeants des entités susmentionnées qui contrediraient l’adage populaire. Car depuis le début du confinement, les ventes de ces dernières ont évidemment explosé, compte tenu de la forte demande en solutions de vidéoconférence. En espérant que les entreprises et les organisations tirent bien les leçons de l’actuelle pandémie et de la crise économique qui s’en est suivie, on peut parier sans trop se tromper qu’il y aura encore beaucoup, beaucoup, beaucoup de revenus à générer dans les mois et les années à venir pour ces spécialistes de la bureautique à distance. Comme je le signalais dans l’un de mes articles précédents[1], cette pandémie n’est qu’un autre épisode d’une série de chocs systémiques aujourd’hui d’envergure mondiale, comme nous en connaissons toutes les décennies ou presque. Autant dire qu’il vaut mieux être prêt à toute éventualité future… et que le télétravail a de beaux jours devant lui!

Pour leur part, les spécialistes de la vidéoconférence n’en espéraient pas tant. Certains étaient prêts, d’autres moins, comme la star montante Zoom, qui a connu, entre le 1er et le 21 avril, une hausse de 50 % du nombre de ses utilisateurs, passant de 200 millions à 300 millions de vidéoconférenciers[2]. Néanmoins, Zoom a aussi connu sa part d’ennuis, essentiellement reliés à la confidentialité des données transitant sur sa plateforme. À ce titre, les grands gagnants de ce domaine d’affaires en forte croissance sont ceux qui sont déjà en mesure de s’imposer du fait de leur historique, de leur taille et de la robustesse de leur plateforme. C’est notamment l’opinion de James Brumley qui, dans un article[3] publié sur le site Internet de la bourse NASDAQ, place sa mise sur Microsoft, l’entreprise de Redmond (Washington) offrant aux travailleurs confinés leur application Teams, partie intégrante de la suite bureautique Microsoft 365, en plus de posséder Skype, acquise en 2011 pour l’astronomique somme de 8,5 milliards USD. Pourquoi Microsoft? « Ses systèmes d’exploitation et ses logiciels de productivité de bureau sont les piliers des entreprises partout dans le monde, et au travail, son nom a bonne réputation »[4], affirme James Brumley.

La récolte sera bonne!

La popularité récente et fulgurante du sous-domaine de la vidéoconférence fait en sorte qu’il est difficile de prédire l’ampleur des revenus à venir pour ces entreprises. Toutefois, une tendance commune semble émerger quant aux estimations de croissance formulées par les experts : en termes de revenus, le secteur doublera d’ici cinq à six années, passant d’environ trois milliards à six ou sept milliards USD à l’échelle planétaire, avec un taux de croissance annuelle flirtant avec les 10 %.

Avec ces crises mondiales à répétition, le télétravail et la vidéoconférence seront appelés à devenir un véritable must. Qu’on s’en réjouisse, la féroce concurrence qui se dessine dans ce domaine d’affaires ne pourra que bénéficier aux clients personnels et institutionnels que nous sommes, avec la promesse de prix moins élevés et de transmissions plus solides et fluides.

 

 

 

 

[1] Lire ou relire « Soyons désormais stratégiques! », publié le 22 mars dernier.

[2] Nico Grant, « Zoom Daily Users Surge to 300 Million Despite Privacy Woes ». Bloomberg, 22 avril 2020.

[3] James Brumley, « This Is the Next Big Opportunity in Tech, and Microsoft Is Leading the Pack ». NASDAQ, 21 avril 2020.

[4] Notre traduction.

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