Aussi complexe que des spaghettis!

Le monde des affaires gagne en complexité, au fur et à mesure que l’Humanité est de plus en plus connectée. Mais soyons rassurés : la complexité est peut-être l’un des défis les plus aisés à surmonter!

Tout d’abord, établissons une distinction essentielle entre le complexe et le compliqué en utilisant une analogie fort simple. Le cockpit de l’Airbus A380 est compliqué. On y retrouve en effet des centaines de boutons, un manche à balai, des ordinateurs de bord et une foule d’autres dispositifs pour faire voler ce géant des cieux. Avec quelques milliers d’heures de vol (rien que ça! 😉), on peut éventuellement maîtriser la bête.

Aussi simple et trivial qu’il puisse paraître, le plat de spaghettis, pour sa part, est un bel exemple de complexité. Même si les éléments qui le composent sont peu nombreux et bien connus (les pâtes, la sauce, l’assaisonnement), la présentation dans l’assiette ne sera jamais la même d’une fois à l’autre. De fait, les possibilités quant à la répartition des pâtes sont infinies, et elles ne répondent à aucune loi mathématique, ou si peu. Voilà une situation complexe.

Bon nombre d’entreprises et d’organisations sont aujourd’hui aux prises avec un degré élevé de complexité, un constat qui découle notamment de la présence et de l’importance de ces deux épiphénomènes bien connus que sont la révolution numérique et la mondialisation. Une entreprise québécoise qui exporte ses produits aux États-Unis, en Europe et au Maghreb doit composer avec des environnements politiques, légaux et culturels fort différents. C’est une situation résolument complexe, que bien des exportateurs reconnaîtront! La complexité peut aussi se manifester à l’interne. Une PME qui croît rapidement sera également confrontée à des enjeux organisationnels complexes, au fur et à mesure que ses activités se diversifient et que ses revenus progressent. Un chiffre d’affaires en croissance implique probablement plus de clients, mais aussi plus d’employés et sans doute une pléthore de processus et de procédés à revoir.

L’adaptation, toujours!

Dès lors, comment peut-on contrer, d’un point de vue stratégique, les impacts de la complexité sur les entreprises et sur les organisations? La réponse toute simple nous est donnée par les professeurs Nathan Bennett et G. James Lemoine, dans leur article[1] publié dans la revue scientifique Business Horizons. « La façon la plus simple pour une organisation d’aborder la complexité consiste […] à simplifier la situation en adoptant une structure qui reflète celle de l’environnement. Les recherches ont démontré à plusieurs reprises que les organisations qui s’adaptent aux changements environnementaux ont un rendement considérablement plus élevé, tandis que les entreprises qui maintiennent des structures et des processus existantes dans un environnement commercial en évolution sont moins efficaces », indiquent les deux experts (traduction libre).

Qu’il soit question de l’environnement externe ou interne, l’adaptation à la réalité demandera de notamment revoir la structure de l’organisation. L’exportateur voudra peut-être remodeler son Mark, Marker, Hand, Write, Production Planning, Controlorganigramme afin d’y inclure des divisions à base géographique et embaucher des spécialistes ayant une connaissance poussée des marchés visés. Constatant l’accroissement progressif de ses affaires, le propriétaire de PME songera sans doute à créer, par exemple, une fonction consacrée spécifiquement aux ressources humaines dotée des experts pouvant prendre en charge la dotation en personnel, la rémunération et les autres tâches inhérentes à cette activité cruciale.

Revoir la structure organisationnelle et injecter au sein de l’organisation les ressources et les compétences manquantes : les atouts pour faire face à la complexité vous sont maintenant connus!

 

 

 

 

[1] Bennett, N., & Lemoine, G. J. (2014). « What a difference a word makes: Understanding threats to performance in a VUCA world ». Business Horizons, 57(3), 311-317.

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