Une Québécoise fait valoir les beautés de la RDC!

La République démocratique du Congo (RDC) est un pays au potentiel immense, mais aussi aux prises avec des problèmes endémiques du même calibre. Qu’à cela ne tienne, Paméla Landreville a fait le pari de vivre en RDC et de contribuer à l’essor du tourisme national, dans cette contrée aux spectaculaires écosystèmes.

J’ai eu le grand plaisir de rencontrer Paméla Landreville en 2014, alors que j’enseignais la stratégie des organisations touristiques à l’Université du Québec à Montréal. Cette brillante jeune femme m’avait à l’époque impressionné par ses capacités intellectuelles et académiques, mais j’étais loin de me douter de l’ampleur de son dynamisme, de son envie folle de découvrir le monde et de son courage à sillonner le globe. L’Allemagne, le Mexique, les Bahamas, le Pérou, l’Inde, la Thaïlande, l’Espagne et, bien entendu, la RDC furent le théâtre du parcours académique et professionnel de Paméla Landreville au fil des ans. Maintenant fixée depuis plus de cinq ans à Kinshasa, cette mégalopole et capitale de la RDC de près de 15 millions d’habitants, Paméla Landreville a mis sur pied son entreprise, une firme appelée Africa Tourism Consultants, en plus d’enseigner à l’antenne congolaise du Groupe Vatel, spécialisé dans l’enseignement du tourisme et de l’hôtellerie.

Séparés par plus de 10 000 kilomètres, mais réunis virtuellement grâce à Microsoft Teams, nous avons discuté du surprenant parcours de Paméla, de son projet entrepreneurial et de son attachement pour la RDC.

François : Quels sont les constats qui t’ont menée à la création de ton entreprise en RDC, en termes d’occasions d’affaires?

Paméla Landreville : C’est surtout au départ une affaire de hasard! J’étais en confinement au Canada, et bien sûr, je m’ennuyais du Congo. Je me suis mise à publier sur mon profil LinkedIn mes photos de la RDC, histoire de partager ma passion pour ce pays. Car généralement, tout ce qu’on voit sur le Congo, c’est négatif. Rapidement, ces publications ont semblé avoir touché les gens et elles ont gagné en intérêt, tant et si bien que des propriétaires d’entreprises, consultant au passage mon profil, m’ont contactée afin de me demander des conseils. Il y avait, par exemple, des entreprises qui avaient besoin d’une restructuration ou des entreprises qui étaient en voie de démarrer des projets touristiques. Bref, je me suis rapidement aperçue que je pouvais en faire un travail rémunéré et, surtout, que je pouvais mettre ma formation et mon expérience au service de l’industrie touristique et hôtelière congolaise. Et à ma grande surprise, des Congolais de la diaspora implantés dans d’autres pays africains m’ont également contactée. Du coup, j’ai dû m’organiser rapidement afin de répondre de manière professionnelle à cette demande inattendue.

François : Quels sont les services que tu offres?

Paméla Landreville : On me demande parfois de plancher sur des études de faisabilité, en lien avec un plan d’affaires touristique qui est en voie d’être échafaudé, par exemple. J’interviens aussi en matière de marketing. Là où j’excelle, c’est tout ce qui concerne la gestion des opérations : efficacité et efficience des processus et des procédés en place, mise à niveau aux standards internationaux. On me demande aussi d’accompagner les entrepreneurs dans leurs relations avec leurs partenaires. Beaucoup d’entrepreneurs savent que j’ai de bonnes relations avec les institutions financières et avec le ministère du Tourisme de la RDC, ce qui peut aider les premiers à surmonter les obstacles qui se présentent à eux. On fait aussi appel à moi en ce qui a trait à la formation des employés en tourisme et en hôtellerie, encore une fois afin de parvenir aux standards internationaux.

François : L’infrastructure touristique et hôtelière du pays est à bâtir dans ce pays complexe, j’imagine…

Paméla Landreville : Un billet d’avion aller-retour entre Kinshasa et Goma, située complètement à l’est du pays, coûte environ 800 USD (environ 1,58 M CDF). Il en coûte moins cher pour les Congolaises et les Congolais d’aller en Afrique du Sud, à Dubaï ou en Europe, que de voyager dans leur propre pays! Et pour les visiteurs étrangers, le visa touristique est très complexe à obtenir et coûte cher. Les mesures pour faciliter l’industrie touristique ne sont pas en place, et quant aux infrastructures de transport, elles sont encore déficientes. Bref, il y a beaucoup à faire, mais c’est tant mieux! L’industrie touristique congolaise est en ébullition : il y a beaucoup d’occasions parce que justement, tout est à faire!

François : En ta qualité de jeune femme étrangère dans un pays aux multiples et importants défis, comment s’est déroulée la mise sur pied de ton projet entrepreneurial?

Paméla Landreville : Ça fait déjà plus de cinq ans que je suis à Kinshasa. Forcément, je suis à l’aise : je me sens chez moi. Certes, la première année fut plus difficile. Je constate qu’il y a ici un grand respect pour les expatriés, pour les connaissances qu’ils peuvent apporter au Congo. Et je travaille aussi à développer les connaissances et les compétences des Congolais afin qu’ils soient de moins en moins dépendants de l’expertise étrangère.

François : Comment entrevois-tu à la fois le développement de ton entreprise et du tourisme en RDC d’ici 5 à 10 ans?

Paméla Landreville : Nous sommes sur une bonne lancée! Kinshasa est l’une des plus grandes villes au monde, nous avons une relève abondante, jeune[1] et dynamique, avec un gouvernement de plus en plus stable. Nous pensons que la stabilité sera au rendez-vous au moins pour les cinq ou dix prochaines années. Les experts s’entendent pour dire que le développement de la RDC connaîtra une bonne croissance et que le potentiel est bien réel. Les problèmes ne se règleront pas du jour au lendemain, mais il y a de belles perspectives d’avenir.

 

 

 

 

 

[1] L’âge médian de la population congolaise est de 16,7 ans. Au Canada, l’âge médian de la population s’élève à 41,8 ans.

 

 

One thought on “Une Québécoise fait valoir les beautés de la RDC!

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  1. Je suis très intéressée par cet interview. Enfin quelqu’un qui voit mon pays avec un regard positif et plein d’espoir. Grand merci François ( si vs le permettez)…
    Comment puis je entrer en contact avec cette dame formidable svp? Je suis à Kinshasa mais en janvier je serai à Goma.Merci bcq.

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