Taxis volants : décollage imminent!

Nous avons appris très tôt qu’il fallait regarder des deux côtés de la rue avant de traverser. Avec l’arrivée prochaine des taxis volants, il faudra peut-être aussi regarder en l’air, et plus tôt qu’on ne le pensait!

Une industrie qui décolle!

Si vous croyez que les taxis volants relèvent davantage de la science-fiction que de la réalité, détrompez-vous! Ce domaine d’affaires naissant attire parmi les investisseurs les plus sérieux : les firmes spécialisées en capital de risque, bien entendu, mais également les constructeurs automobiles comme Toyota, Daimler-Benz, Geely et Hyundai, sans parler des suspects habituels en matière d’aéronautique que sont Airbus et Boeing. Comme l’affirme le magazine britannique The Economist dans un article[1] sur cette industrie émergente, il y aurait à l’heure actuelle environ 300 entreprises qui planchent sur de tels véhicules aériens, gardant à l’esprit les immenses revenus qui sont entrevus à terme. C’est la banque d’affaires américaine Morgan Stanley qui le prédit dans une étude[2]  récente: cette industrie nouvelle pourrait générer des revenus évalués à 1 500 milliards USD d’ici 2040, d’où l’intérêt et l’urgence, pour les principaux protagonistes du domaine d’affaires de se positionner rapidement sur la ligne de départ ou sur la piste de décollage, c’est selon!

Les véhicules à décollage et à atterrissage vertical (autonomous vertical takeoff and landing vehicles, ou VTOL) sont-ils l’avenir de la mobilité urbaine? La proposition a de quoi intéresser, comme le décrit The Economist : « [à] mi-chemin entre un taxi et un hélicoptère, les taxis volants ont des avantages distincts sur ces deux types de véhicules. Leurs moteurs électriques silencieux permettent à ces engins de voler souvent. Ils n’ont besoin que d’une dalle de béton pour atterrir, contrairement aux hélicoptères qui sont bruyants et qui sont soumis à de sévères restrictions dans la plupart des villes. Les VTOL peuvent voler quatre ou cinq fois plus vite qu’un taxi et ne restent pas coincés dans la circulation. »

La prochaine bataille du ciel

Les récentes avancées technologiques en matière de batteries et de matériaux composites laissent donc entrevoir ce qui était encore tout récemment impossible à imaginer : on pourrait voir nombre de VTOL sillonner l’espace aérien de nos villes sous peu, les contraintes liées à la propulsion, à la puissance et au poids étant à peu près surmontées aujourd’hui. La bataille sera féroce dans ce domaine d’affaires émergent, et elle sera mondiale! Du côté de l’Oncle Sam, les entreprises les plus avancées dans leurs projets respectifs sont sans conteste Joby Aviation et Archer, toutes deux basées en Californie. Mais les Européens ne sont pas en reste et quatre joueurs sont notamment à surveiller, à savoir l’entreprise britannique Vertical Aerospace, les deux entreprises allemandes Lilium et Volocopter, et le consortium européen Airbus. Bien entendu, la Chine est aussi de la partie, avec en tête de lice l’entreprise EHang, qui présente son véhicule sur la vidéo qui suit.

Comme c’est souvent le cas pour un nouveau produit ou un nouveau service innovant, les premiers chanceux à utiliser de telles voitures volantes seront sans doute les plus fortunés. Mais quelques années devraient suffire à faire chuter le coût de ces formidables machines électriques à l’acquisition, tout comme le coût d’une simple course. À titre d’exemple, Joby Aviation estime qu’avec son véhicule, un vol entre l’aéroport John-F.-Kennedy Uber Elevate Partner Unveils Autonomous Air Taxi at CESet Manhattan (environ 30 kilomètres) coûtera environ 6,50 USD par kilomètre. Toutefois, l’entreprise estime que ce montant pourrait être réduit du quart lorsque davantage de gens utiliseront ses taxis volants. Par ailleurs, au cours des premières années, la présence d’un pilote à bord de ces petits aéronefs (généralement pas plus de six places) sera sans doute nécessaire, histoire de rassurer les clients. Mais toutes ces entreprises travaillent activement à automatiser le pilotage de ces engins, réduisant potentiellement les coûts associés à leur exploitation.

À l’heure actuelle, la Federal Aviation Administration américaine étudie une trentaine de prototypes pour homologation prochaine, et les observateurs s’attendent à une exploitation commerciale de ces taxis volants à partir de 2024. Monterez-vous à bord? 😉

 

 

 

 

[1] The Economist, « Flying taxis are about to take off at last ». 3 avril 2021.

[2] Morgan Stanley, « Are Flying Cars Preparing for Takeoff? ». 23 janvier 2019.

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